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05 mai 2008

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Voici les sites qui parlent de Quindi... Après 11 années de gestion travailliste, la triade politique reprend le dessus au Royaume Uni :

Commentaires

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jeremy

Ta note est beaucoup trop longue. Tu aurais dû te concentrer sur les LibDems. C'est typiquement le genre d'analyse que l'on ne verra pas à la télé française!
Bravo et garde un oeil sur cette nouvelle génération de conservateurs: je crois que ce sont des europhobes convaincus.

Aurélien

Bonjour Arnaud,

Deux questions:

Penses-tu qu'avec ce système tri-partiste la démocratie britannique se porte mieux que la française (malgré la faible participation)?

Les Lib-Dems sont-ils un exemple à suivre pour le Modem?

Merci,


Aurélien

ArnaudH

Salut Aurélien,

J'avais abordé une partie de ces questions sur ce billet: http://www.quindiblog.eu/log/2007/12/quindi-les-dile.html

Pour le tripartisme britannique, je pense qu'il est mieux établi au Royaume Uni qu'en France; cela se voit dans les sondages réguliers (à l'échelle nationale, 15-27% pour les LibDems, par rapport à 7%-18% pour le MoDem), ou pour l'image bien établie des LibDems (socio-démocrates & libéraux), ce qui n'est pas encore le cas du MoDem: que ce soit dans les débats internes (avec des guerres entre tendances, et des recherches de rapprochements dits naturels au centre droite ou au centre gauche); ou la communication externe, où le MoDem peine à communiquer de manière efficace en tant que parti indépendant (il reste assimilable au centre droit, centre gauche, ou à la cacophonie stratégique). Ces différences s'expliquent, à mon avis, par:
- l'historique plus long des LibDems (20 d'histoire commune; des siècles d'histoire des deux principales composantes);
- une expérience de gestion locale bien établie, surtout dans le sud-ouest de l'Angleterre, au Pays de Galles, et en Ecosse; le MoDem est trop jeune et encore mal implanté localement (encore que certaines tendances se font sentir en Bretagne et dans les centres urbains, ce qui pourrait, à terme, permettre une identification de gestion locale pour le MoDem aussi);
- la possibilité offerte sur le terrain aux LibDems, mais aussi aux Travaillistes, de faire des alliances avec les partis régionaux et les verts, ce qui banalise le principe du troisième parti; le MoDem n'a pas ces possibilités en France, et pourtant au PDE, le MoDem est allié au PNV basque, et une alliance tactique avec les Verts, souhaitée par Cohn Bendit et Yann Wherling par moments, pourrait être décisive (les Verts parisiens semblent être les plus récalcitrants, comme l'explique souvent l'Hérétique) - ironiquement, une alliance avec les Verts pourrait peut-être renforcer l'image d'indépendance du MoDem vis-à-vis des deux autres grands partis français (faute d'avoir des partis régionaux forts pour créer un effet de levier comme au Royaume Uni);
- le glissement des Travaillistes vers la "troisième voie", place les LibDems, sur l'échelle gauche-droite, plus au centre, voire au centre-gauche que les Travaillistes eux-mêmes, bien qu'ils soient plus libéraux économiquement qu'un parti de centre ou de centre gauche européen; le MoDem a le même positionnement politique dans les faits (l'ensemble du système britannique étant plus à droite que le système français), mais le centre gauche français, ainsi que la gauche radicale, repositionnent le MoDem au centre / centre droit aux yeux de l'électorat (ce qui n'est pas possible au Royaume Uni compte tenu de leur faiblesse); une erreur de stratégie des Travaillistes pourrait ainsi permettre aux LibDems de devenir le parti d'opposition de référence, comme cela commence à se faire sentir lors d'élections locales (il deviendrait ainsi un Parti Démocrate de type américain, objectif de nombreux militants LibDems - et de certains d'entre nous au MoDem);
- au niveau européen, le positionnement clair des Conservateurs et mou des Travaillistes, tranche par rapport au positionnement fédéraliste / multilatéraliste des LibDems - cela permet une clarification des valeurs des LibDems par rapport aux autres partis nationaux; le MoDem pourra peut-être capitaliser là dessus en 2009 aussi, pendant la campagne européenne, mais cette nouvelle fusion de militants issus de tous les partis (dont des anciens gaullistes et des nonistes du TCE) ne permet pas encore de trancher sur le fédéralisme du MoDem (alors que le positionnement de l'UDF était clair).

D'autres points doivent probablement être ressortis (je vais continuer à me creuser la tête).

Pour ce qui est de l'exemple à suivre ou non: les LibDems sont un exemple pour moi en termes d'organisation de parti fusionnés. J'ai eu l'occasion de les voir opérer dans le sud-ouest de l'Angleterre et j'étais très impressionné, surtout par les campagnes de proximité.

L'historique est toutefois différent pour le MoDem (l'appartenance respective des LibDems à l'ADLE et du MoDem au PDE est d'ailleurs significative): les LibDems ont la moitié de leurs effectifs qui sont libéraux (dont une partie sont des socio-libéraux), l'autre moitié de socio-démocrates, et relativement peu de verts; le MoDem a, très peu de libéraux (hormis des socio-libéraux pas très nombreux il me semble) - chose normale en France par rapport au Royaume-Uni. Le MoDem a également, parmi ses composantes fondatrices, de nombreux verts de centre droite et de centre gauche (sans qu'ils aient forcément d'historique commun) et un groupe de socio-démocrates important, mais peu organisé en tant que groupe interne (contrairement aux LibDems). Bref cela crée un flou au centre droite; si on rajoute les scissions successives de l'UDF (vers le RPR, l'UMP, le NC), la fusion progressive avec une partie des gaullistes, et l'émergence d'Alternatives Libérales (avec qui le MoDem partage une vision stratégique de l'échiquier politique); le flou existe aussi au centre gauche (avec le PRG et le PS qui commencent à accueillir une partie des militants MoDem désenchantés par les choix stratégiques inévitables du MoDem). Bref, je pense que nous devons suivre l'exemple des LibDems en termes d'organisation interne, communication externe, politique européenne, alliances ponctuelles pré-établies et non pas improvisées (tout le contraire des municipales françaises), et creuser notre sillon à leur image. De plus, nous devons avoir la même ambition de devenir un parti majoritaire, quitte à y arriver en faisant une alliance tactique avec le centre gauche ou le centre droite. Par contre, nous ne devons pas suivre l'orientation libérale économique visible des LibDems, qui ne serait pas comprise en France, tellement elle est minoritaire. Nous devons poursuivre un libéralisme social, en dépassant le PS (chose qui passera mal avec certains ex-UDF) et favoriser l'émergence (pour tous les partis de gouvernement) d'un libéralisme économique light, qui intègre le besoin de baisser les impôts de manière responsable lorsque cela est budgétairement possible (à l'image des démocrates américains, du PD italien, et des LibDems). Assumer ces choix (européen, libéralisme social, responsabilité économique et pragmatisme plutôt que dogmatisme, faisant appel à l'étatisme, le libéralisme ou l'associatif en fonction d'une analyse pragmatique des besoins et des possibilités), pourrait réellement permettre au MoDem de progressivement émerger en tant que troisième force, puis en tant que principale force d'opposition, à l'image de ce que tente de faire les LibDems.

L'autre option est celle choisie par le PD Italien, face à une force de centre droite et de droite de plus en plus conservatrice, où aucune communion n'est possible sur les valeurs, l'option choisie est celle d'une fusion du centre - de la démocratie chrétienne aux socio-démocrates en passant par les verts - et du centre gauche - y compris des ex-communistes - pour atteindre un seuil critique nécessaire pour devenir une opposition et une force de gouvernement crédible (d'autant plus nécessaire par rapport à la panoplie de petits partis des législatures précédentes). La mise en oeuvre de ce processus de rapprochement aura aussi été très long (5 ans approximativement).

Aurélien

Merci beaucoup pour ces précisions.

Alain Bertier

Pour un Gaulois républicain jusqu’à l’os, les élections chez les Rosbifs sont juste l’occasion de s’étonner pendant un bref instant qu’ils puissent, comme tout le monde, voter régulièrement. Mais cette fois, l’analyse qui nous est présentée par Quindi retient l’attention du dit Gaulois en ce qu’elle parle, indirectement, du seul sujet qui nous intéresse vraiment, nous, ceux du MoDem. Sacrés Anglais, seraient-ils en train de faire avec leur DemLib ce que l’on rêve de faire ici ?
Pour répondre à cette question, examinons ce qu’il y a de comparable dans les élections des deux pays.
Les systèmes électoraux sont différents, à un tour au Royaume Uni, à deux tours en France. On pourrait supposer qu’un effort moitié moindre conduirait les Anglais à une participation plus élevée qu’en France. Il n’en est rien, bien au contraire. Avec un taux de 35% l’élection locale qui vient d’avoir lieu, et qui semble-t-il n’est pas différente des précédentes, a une participation plus faible que toutes celles observées dans les élection françaises.
Les taux observés en France sont les suivants :
Présidentielles 2007 : 83.97%
Législatives 2007 : 59.98%
Referendum 2005 : 69.37%
Régionales 2004 : 65.68%
Municipales 2001 : 62.39%
Le taux le plus faible est celui des élections européennes dont le taux en 2004, selon les régions, variait de 40 à 45% ; ce taux est comparable aux taux de participation observés aux États-unis dans un système compliqué qui mélange les consultations fédérales et locales, si on admet que les électeurs français considéreraient déjà l’Europe comme une sorte de fédération.
Mais si l’on s’en tient aux autres élections qui sont purement nationales, et particulièrement les municipales qui sont comparables dans leur objet, l’écart est considérable.
S’agissant de la plus ancienne démocratie dont personne ne conteste la réalité de la vie démocratique aujourd’hui, et considérant que l’élection libre est considérée chez nous comme l’exercice indispensable à la manifestation du pouvoir du peuple en démocratie, on est amené à se demander quelle est l’explication de cette apparente anomalie.
En effet, tout se passe comme si les citoyens Anglais attendaient seulement d’un régime démocratique qu’il organise des élections libres, et que cela suffisait à les rassurer sans leur imposer le moindre devoir. Cette hypothèse, pour être convaincante, doit être associée à une confiance quasiment aveugle dans les politiciens qui seront ainsi élus, et dans la minorité de leurs concitoyens qui les éliront. Une autre hypothèse moins rassurante, mais malheureusement plus probable, serait qu’une partie du corps électoral a perdu la foi dans l’efficacité des élections pour contrôler la vie démocratique, et ne juge plus nécessaire d’y participer.
Quand on sait à quel point les politiciens, et les élites en général, sont déconsidérés en France, on peut s’étonner qu’au R-U les mêmes catégories aient échappé à ce mal, tout en admettant que certaines aient pu le faire, les LibDem récemment par exemple.
Au total, la seule information solide que l’on retire de l’élection anglaise, c’est que les deux corps électoraux ont un comportement très différent qui ne permet guère d’anticiper des similitudes de résultat.
Il reste un autre aspect de cette élection intéressant vivement le MoDem, c’est l’appareil idéologique des LibDem, dont on nous a détaillé les étiquettes, mais dont on aimerait connaître les arguments originaux, s’il en ont.

Alain Bertier

Cherchant l’idéologie des LibDems, j’ai trouvé sur leur site leur programme intitulé « La Force d’être Différent » qui m’a évidemment rappelé « Faire la Politique Autrement ». Et comme ils ont eu la bonne idée d’en faire un résumé, je l’ai traduit et vous le livre ci-dessous. Ce qui me plait dans ce document, c’est qu’en moins d’une page et demie, il explique très simplement sept arguments électoraux, parfois très agressifs envers le New Labour, sans se priver d’un peu de démagogie.
Je suppose que pendant les municipales, plusieurs équipes ont appliqué cette martingale, mais je n’en ai pas vu l’équivalent national (peut-être simple ignorance de ma part). Or cela me semble répondre parfaitement à la question qui angoisse nos militants quand elle leur est posée par les électeurs : « Mais le MoDem, c’est quoi ? ».

La Force d’être Différent

Au centre de la démocratie libérale il y a l’idée que les hommes doivent avoir sur leur vie le contrôle le plus sûr possible. Nous ne croyons pas qu’un gouvernement central sait ce qui est bon pour les citoyens et leurs communautés ; nous croyons que les citoyens et leurs communautés savent ce qui est bon pour eux. Nous voulons que les citoyens et leurs communautés détiennent le pouvoir politique réel pour leur propre compte, et cela signifie qu’il faut mettre les gens en position de pouvoir prendre les décisions sur les services qui les concernent. Nous pensons que c’est le devoir du Gouvernement de sonner au peuple ce pouvoir. Avec cette capacité de prendre localement les décisions relatives aux besoins et aux priorités locales, il est hautement probable que les habitant obtiendront les services satisfaisant leurs besoins et répondant à leur demande.

. Nous voulons voir, dans tout le pays, des gouvernements locaux forts et démocratiques, pas des conseils qui ne sont que les moyens, pour le gouvernement central, de faire appliquer localement ce qu’il a décidé, comme cela a été fait par le New Labour. Pour accomplir cela, une relation nouvelle doit être établie entre les gouvernements local et central, de telle sorte que le gouvernement local soit le pilote de la mise à disposition des services publics dans ce pays.

. Les objectifs des gouvernements locaux ne doivent plus être établis nationalement. Nous croyons que les gouvernements locaux doivent dépenser moins d’efforts, de temps et d’argent à prouver au gouvernement central qu’ils satisfont aux priorités nationales, et plus de temps à s’occuper des priorités des habitants. …

. Les habitants et les conseils savent mieux que quiconque ce qui va et ce qui ne va pas dans leur secteur. Ils connaissent les problèmes auxquels ils sont confrontés, et dans la plupart des cas ils savent comment ils pourraient être résolus. Nous voulons constater que les dirigeants locaux sont des habitants qui utilisent les services locaux, et puissent ainsi travailler à prendre des décisions sur la direction de ces services en connaissance de cause. Nous voulons aussi voire plus de conseils municipaux prendre des dédisions, plutôt que le bureaucrates de Whitehall.

. Nous voulons promouvoir des dirigeants locaux plus forts et meilleurs. Le style de direction ne peut pas être imposé à un conseil ou à une région. … [La suite semble faire référence à une spécificité locale]

. L’argent est le pouvoir. C’est pourquoi nous voulons qu’une partie plus importante des sommes payées par les habitants soit collectée et dépensée par les conseils locaux. Cela ne signifie pas des impôts plus élevés, seulement qu’une part plus importante des sommes payées par les habitants iraient au gouvernement local plutôt qu’au gouvernement central. A long terme, nous voulons que cela atteigne 75% (plutôt que les 25% actuels) de toutes les perceptions locales d’impôt. Aussi, l’imposition doit être équitable. Nous croyons que l’impôt local sur le revenu, basé sur la capacité de payer, est équitable – et que l’actuelle Taxe du Conseil ne l’est pas et doit être supprimée. [Les impôts sont différents des nôtres, mais l’idée est audacieuse]

. Nous voulons restituer aux conseils locaux les pouvoirs confisqués par Westminster et les Régions. Le New Labour a passé les dix dernières années à arracher les pouvoirs et les libertés des conseils locaux, pour les concentrer dans les mains des officiels de Whitehall et de Quasi ONG non élues. Nous voulons y mettre un terme. Nous voulons que le pouvoir réel retourne aux communautés et aux conseils locaux, mettre les Quasi-ONG sous contrôle démocratique et réduire la démocratie centrale. Nous soutenons directement les gouvernements élus dans les régions qui poursuivent l’objectif de prendre des pouvoirs et des fonctions au gouvernement central. En dehors de ces domaines, nous voulons réformer les chambres régionales existantes, pour les rendre plus démocratiques et responsables envers ceux qu’elles servent. Nous voulons aussi revoir les limites régionales existantes pour nous assurer qu’elles reflètent de véritables distinctions régionales et non simplement ce qui est administrativement approprié pour le Gouvernement.

. Un engagement pour un gouvernement local, démocratique et fort, doit signifier aussi un engagement pour un système de vote équitable pour les élections locales, pour des structures de gouvernement claires et transparentes. … [Phrase semblant faire référence à une spécificité locale]. Nous voulons aussi assurer que tous les arrangements conduisant à des accords régionaux entre des villes soient clairs et transparents, de telle sorte que le public sache quand les décisions sont prises et par qui.

ArnaudH

@ Alain; merci pour l'instant de franche rigolade devant mon écran (ton premier commentaire). Pour la participation, je ne suis pas sur que le taux de participation soit beaucoup plus élevé en France lors d'élections locales partielles (cf. nouvelle élection législative ou municipale pour cause de promotion / mandats excessifs / décès), à vérifier...

Merci beaucoup pour la traduction / résumé des points programmatiques nationaux des LibDems pour ces élections municipales. En effet, il y a une pointe de démagogie (surtout sur la dévolution qui ne favorise pas les comtés mais les régions - encore qu'il s'agit surtout de l'Ecosse et du Pays de Galles et non de l'Angleterre) et un positionnement intéressant par rapport au New Labour ("centralisateur"). Il y a beaucoup de choses à reprendre, dont la subsidiarité et, comme tu l'indiques explicitement, la suppression/remplacement de taxes ou impôts dont l'assiette est devenue inéquitable. Par contre il sera difficile pour le MoDem de reprendre l'intégralité de ce programme, probablement trop libéral et décentralisé (notamment en ce qui concerne certains services publics, ou encore la répartition des responsabilités entre les différents échelons administratifs n'est pas la même il me semble) pour l'électorat français (voire même celui des militants MoDem). Mais en effet, adapté au contexte français, ce programme semble en effet en ligne avec nos aspirations de gestion locale (dans les grandes lignes) et aurait nous permettre d'avoir une stratégie de communication plus efficace pendant les dernières élections municipales... à reprendre le moment venu!!!

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