La formule a été trouvée par Josette Sheeran, Directrice Générale du Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM - WFP), le "Tsunami Silencieux", est en réalité une vague inflationniste impressionnante des produits alimentaires à l'échelle mondiale. Cette augmentation des prix des aliments, sans augmentation correspondante du pouvoir d'achat, a déjà causé des émeutes et des crises gouvernementales dans une série de pays répartis sur tous les continents (notamment en Haïti, Egypte, Indonésie, Philippines, Thaïlande, Côte d'Ivoire, Cameroun); 37 pays sont menacés par des réductions importantes de leurs stocks agricoles (voir carte), l'insécurité alimentaire, pouvant aller dans certains cas jusqu'à la généralisation de la malnutrition, a eu pour effet la mise en place de mesures gouvernementales urgentes (plusieurs pays comme le Yémen, le Pakistan, et l'Egypte ont mis en place un système de rationnement du blé; la Côte d'Ivoire a limité les droits de douane de produits agricoles; l'Ethiopie a éliminé la TVA sur les productions agricoles; le Mexique a accéléré ses financements aux petits agriculteurs, etc.). Pour les mieux lotis, les viandes ont été éliminées des régimes alimentaires, ainsi que l'accès aux services santé afin de pouvoir financer des repas quotidiens, ce groupe comprendrait approximativement un milliard de personnes selon M. Rajat Nag de la Banque Asiatique de Développement (BAD); pour les autres, à peu près 100 millions de personnes (selon le Président de la Banque Mondiale, Robert Zoellik), le nombre de repas par jour a diminué; le résultat global est l'élimination d'une décennie de croissance économique pour ces deux derniers groupes. Les troubles géopolitiques crées par cette crise n'avaient pas été prévus. En Haïti, la hausse des prix des aliments de base (+50% sur le riz, les haricots, le lait, et les fruits en moins de trois mois) ont provoqué des émeutes, la mort de cinq personnes, 200 blessés, et la destitution du Premier Ministre Jacques Edouard Alexis par le Sénat, le 12 avril 2008. En Egypte, à la veille des élections municipales, des émeutes explosent pour cause de pénurie de pain et inflation accélérée (le Président Hosni Moubarak aura demandé à l'armée de produire du pain). Aux Philippines, l'augmentation du prix du riz (+50% en deux mois) fait chuter au plus bas la popularité du gouvernement de Gloria Arroyo et l'oblige à rationner le stock national de riz (le stockage non autorisé est passible de la prison à vie). Au Cameroun, la tentative du Président Paul Biya d'étendre son mandat (âgé de 75 ans, il est au pouvoir depuis 25 ans), a fait l'objet de contestations démultipliées par les troubles liés aux augmentations des prix des denrées alimentaires et de l'essence; 24 personnes auront trouvé la mort pendant les révoltes.
Les causes principales de ce revirement (rectifiant un équilibre vieux de 30 ans avec des prix relativement bas et des subventions importantes) sont liées à l'agrégation de plusieurs tendances mondiales qui agissent sur les marchés des matières premières au même instant, plutôt que de manière évolutive (à terme, les effets de marché devraient augmenter la production agricole mondiale). Il s'agit pour l'essentiel de l'augmentation du prix du pétrole (passé en 5 ans de $30 le baril à $120 aujourd'hui) qui augmente le prix de production des fertilisants et des coûts d'utilisation des machines agricoles; de la spécialisation progressive des productions des pays en développement afin de répondre aux tendances inflationnistes (permettant ainsi des bénéfices records sur certaines matières premières, mais sans que la répartition de ces bénéfices n'augmente le pouvoir d'achat des consommateurs locaux); de la répartition des productions agricoles en productions alimentaires et productions pour les biocarburants (ces derniers ont surtout impacté les productions céréalières des Etats-Unis et du Brésil; aux Etats-Unis, la part de la production de maïs consacrée à la production d'agro-carburants est passée de 6% à 23% entre 2005 et 2007) qui ont atteint en 2008, 10% de la production alimentaire mondiale (soit 100 millions de tonnes), l'équivalent approximatif du déséquilibre alimentaire créé ces dernières années sur les marchés mondiaux selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture); de l'augmentation des productions alimentaires intermédiaires destinées aux consommations alimentaires finale de viandes et poissons (qui explosent compte tenu de l'arrivée sur le marché des classes moyennes chinoise, indienne, russe, et brésilienne; pour les deux premiers, elles ont été respectivement multipliées par 8 et par 3 en moins de vingt ans), plutôt que des productions alimentaires moins consommatrices en produits intermédiaires (riz, blé, soja, etc.); de phénomènes climatiques de 2007, avec des récoltes moins importantes pour cause de sècheresse (Lesotho, Somalie, Ghana) ou d'inondations (Equateur, Bolivie, Sri Lanka); de la spéculation sur les prix des matières premières, liée au transfert des montants réservés à la spéculation sur l'immobilier après la crise des subprimes, vers d'autres valeurs spéculatives (ce mouvement a empiré après la recapitalisation des banques, suite au choc des subprimes), mais aussi à l'effet d'annonce de la réduction des stocks mondiaux de matières premières, et de la cessation des exportations de certains pays (Egypte, Indonésie, Inde, Ukraine, etc.) qui favorisent dorénavant les marchés nationaux (au total, 48 pays auront eu recours au contrôle des prix, la mise en place de subventions d'urgence pour les consommateurs, la restriction des exportations, ou la réduction des droits de douane); et de la destruction progressive des terres arables suite à l'urbanisation des meilleures terres (très visible en Asie), la désertification (en Australie et dans le Sahel), et l'érosion des terres - bien que cette perte de terres arables (estimée entre 70 000 et 140 000 km2 par an) soit compensée par l'augmentation des rendements. L'effet de l'augmentation des prix des matières alimentaires se fait sentir sur l'ensemble de la planète, mais son impact est d'autant plus désastreux dans les pays en développement et les pays les moins développés, compte tenu de la part plus importante de l'alimentation dans les budgets; le Directeur Général de la FAO, Jacques Diouf, qui appelle de ses voeux une deuxième Révolution Verte, répète inlassablement que les importations céréalières des pays les moins avancés ont déjà augmenté de 37% en 2007 et devraient augmenter de 56% en 2008 (le prix mondial du blé a augmenté de 77% en 2007, celui du riz de 16%; depuis le début de 2008, le prix du riz a augmenté de 141%), provoquant ainsi "un impact dévastateur sur la sécurité de nombreux peuples et sur les droits de l’Homme".
Plusieurs stratégies de sortie de crise se présentent, leur formulation dépend en grande partie de l'orientation idéologique des personnes, gouvernements, ou organisations internationales qui les prônent. Cela n'empêche pas les solutions d'être concomitantes, il est alors nécessaire de rechercher une cohérence d'ensemble afin d'éviter de multiplier les financements inutilement et de laisser des zones d'ombres à l'action internationale et locale, en matière agricole, politique, économique, ou scientifique. De même les solutions peuvent être réparties en fonction de leurs effets à cout, moyen, ou long terme, sachant que des solutions mal réfléchies à court terme pourraient empirer la crise à long terme. De plus, les nouvelles stratégies doivent prendre en compte les nouveaux aléas de la crise climatique et des crises alimentaires antérieures (crises sur la sécurité alimentaire: ESB - vache folle, H5N1 - grippe aviaire, etc.).
La stratégie à court terme doit, en premier lieu, reprendre les demandes du Programme Alimentaire Mondial, à savoir $756 millions pour compenser le surcout des aides alimentaires des nations qui souffrent de malnutrition et famine. Bien que de nombreuses promesses de dons aient été formulées par les gouvernements américains (les Etats-Unis ont déjà promis le déblocage d'un milliard de dollars), européens, et asiatiques, ces promesses cherchent à compenser politiquement les subventions accordées aux producteurs de biocarburants, augmenter les financements d'urgence à destination de leurs propres producteurs (25% des fonds américains destinés à l'achat de biens agricoles devraient faire l'objet d'achats locaux), et forcer les pays en développement ayant bloqué leurs marchés nationaux (afin de bloquer la montée des prix) à les ouvrir à la concurrence internationale à nouveau. Les subventions agricoles des pays développés représentent $350 milliards annuellement. Le Fond International pour le Développement de l'Agriculture (FIDA) précise aussi que les fermiers des pays les moins avancés ne peuvent se permettre d'acheter les engrais et les semences nécessaires pour les prochaines récoltes (ce problème se pose même dans des pays en développement comme le Kenya, le Malawi et l'Ethiopie). Pour cela, il pense débloquer $200 millions, mais cette donnée permet déjà de se faire une idée de l'état de délabrement de la production agricole, et de l'économie locale en matière de financements agricoles dans ces marchés, et ce malgré des prix des matières premières extrêmement élevés. Les banques de développement régionales doivent assumer pleinement leur rôle d'incitateur économique en matière agricole en assouplissant les conditions de crédit pour les investissements agricoles des petites fermes (estimées à 450 millions à l'échelle de la planète), mais aussi en incitant les banques privées à limiter les conditions financières pour les besoins de trésorerie saisonniers des plantations agricoles. Par ailleurs, la stratégie des gouvernements face aux marchés fluctuants de matières premières doit dépendre de la situation de chaque pays. Des pays avec des cultures vivrières importantes, et un nombre considérable de petits producteurs bénéficiant de la hausse des prix, doivent laisser leurs marchés ouverts; cependant que des pays avec un nombre important de travailleurs sans terres, ne vivant que de leurs salaires d'ouvriers agricoles ou d'aides gouvernementales / internationales, comme le Bengladesh, doivent protéger leur marché intérieur afin d'éviter une montée vertigineuse des prix, qui cause déjà une sévère augmentation de la malnutrition de pans entiers de la population. Le risque d'une vague de fermetures de marchés nationaux causant des paniques sur l'ensemble des marchés peut déjà se voir à une échelle régionale, avec l'Inde et l'Indonésie qui ferment leurs marchés respectifs, et renchérissent les importations des Philippines.
A moyen terme, il doit être question d'améliorer l'aide alimentaire mondiale, et non seulement d'augmenter la production des pays développés (la production agricole américaine d'hiver devrait augmenter de 4% en 2009, et la production céréalière de l'UE devrait augmenter de 13%), ou celle de quelques pays en développement (l'Inde devrait augmenter sa production en 2008 ainsi que l'Afrique du Sud). Une aide permettant, en aval, la distribution d'aliments (PAM) et, en amont, des recherches et études sur l'agriculture et l'agro-industrie, ainsi qu'une assistance technique (FAO) et des micro-financements de projets de modernisation agricole (FIDA) ne suffisent plus. Il est nécessaire de s'attaquer aux disfonctionnements économiques locaux en faisant la promotion de cultures vivrières, de marchés locaux (avec, quand cela est possible, de bourses locales, comme celle récemment mise en place en Ethiopie, ou celle du Gabon), d'exportations régionales, à travers un financement de productions locales plutôt qu'une aide alimentaire qui renforce la dépendance. Ces disfonctionnements étant souvent liés aux conditions politiques existantes dans les pays les moins avancés (conditions spécifiques à chaque pays), il est nécessaire d'englober cet effort de re-dynamisation économique dans une politique de coopération internationale cohérente. Les institutions financières internationales (Banque Mondiale mais aussi les banques régionales comme la BAD, la BAfD, la BID, la BERD et la BEI) ont été défaillantes sur les investissements agricoles ces 20 dernières années, elles ont même empiré le problème à travers les Plans d'Ajustement Structurels du FMI (en favorisant, dans les pays où les PAS sont en cours d'application, la production agricole réservée aux exportations), comme l'indique Olivier de Schutter, le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation. A l'autre extrême de la chaîne alimentaire humaine, les pays producteurs doivent lever une partie des aides aux producteurs de biens agricoles. En premier lieu, il s'agit de mieux réguler les productions réservées aux biocarburants (il n'est pas possible de transformer du jour au lendemain l'économie brésilienne fortement dépendante en biocarburants - bioéthanols -, mais de progressivement trouver des produits de substitution - voir paragraphe suivant), éviter, par le biais de moratoires puis d'interdictions légales, les productions réservées aux biocarburant à base de maïs (Etats-Unis), colza et huile de palme (Indonésie), et enfin éviter les biocarburants de deuxième génération à base de déchets agricoles, qui consomment plus d'eau que ceux de première génération. En un deuxième temps, les négociations sur les subventions agricoles du Cycle de Doha ayant lieu à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), doivent être redémarrées en prenant en compte la nouvelle donne des marchés des matières premières (produits agricoles mais aussi prix des produits énergétiques et prix du transport international) afin de réellement permettre une diminution progressive des subventions agricoles des pays développés, réajustant ainsi les prix des productions, sans pour autant diminuer les quantités produites, et une augmentation des productions locales dans les pays en développement (un nouvel équilibre économique doit être trouvé en usant de la capacité d'investissement des pays développés). La mise en place de conditions, limitées dans le temps, protégeant les agricultures vivrières de certains pays en développement, notamment ceux ayant souffert de politiques exclusivement tournées vers les exportations suite aux PAS du FMI, devront être examinées. Il s'agirait ainsi de permettre, l'image de ce qu'a fait la PAC mais aussi les accords d'association et d'adhésion de l'UE (ou d'autres ensembles régionaux avec des marchés économiques ouverts aux partenaires régionaux), de protéger certains secteurs d'activité avant de les soumettre à nouveau à une concurrence mondiale.
A long terme, le problème des biocarburants peut être réglé par une gestion agricole optimisée. Les biens agricoles, réservés aux biocarburants, pouvant servir d'aliments pour consommation humaine ou animale, doivent, faute d'une augmentation du rendement agricole dépassant l'augmentation des consommations humaines, servir prioritairement aux consommations humaines et animales. Néanmoins, afin de ne pas perdre les gains environnementaux issus de l'utilisation de biocarburants, il serait possible de se servir d'aquacultures comme certains types de planctons, qui ne pourraient servir à la consommation humaine ou animale, pour alimenter les productions de biocarburants (d'autres pistes à explorer seraient les mousses végétales, ou les terres peu fertiles qui permettent des productions de sorgho ou jatropha). Les investissements dans des technologies énergétiques parallèles permettant un développement durable (pas de consommations de matières premières, y compris l'eau, pas de déchets) resteront la principale priorité énergétique, ainsi que la réduction des consommations énergétiques des pays développés. Du point de vue agricole, l'extension des terres arables n'est pas souhaitable pour des questions de protection de l'environnement, et des solutions de rendement agricole, ainsi que de lutte contre la désertification et raréfaction de l'eau douce, doivent, à nouveau, devenir prioritaires. Pour ce qui est des mécanismes de marché, une nouvelle réglementation doit être mise en place pour la propriété intellectuelle des engrais produits par les agro-industries. Leurs prix prohibitifs empêchent parfois la rentabilisation de propriétés agricoles de petite taille, et ce malgré les prix élevés des produits alimentaires. Un mécanisme doit être mis en place pour éviter les spéculations de marché excessives sur les produits agricoles, à l'image de ce qui avait été réalisé par la Politique Agricole Commune (PAC) en Europe, ou de ce qu'envisage de mettre en place l'Inde. Finalement, les gouvernements des pays les moins développés, avec l'aide des institutions de financements internationales doivent entreprendre des travaux pour améliorer l'irrigation et développer des semences adaptées, permettant une optimisation dans les conditions écologiques et climatiques locales. Au niveau international, une approche plus active envers les "zones mortes" maritimes (estimées à 200 zones en 2007) relancerait, à long terme, la consommation de poissons, permettant ainsi des régimes alimentaires plus équilibrés; l'état actuel de la pêche internationale éliminerait, d'ici 2050, 90% des espèces rares (avec une production annuelle constante de 70 millions de tonnes de poissons); par ailleurs, l'utilisation de pesticides dans l'agriculture, accélèrerait la croissance du nombre de zones mortes côtières.
Quindi... Aucune solution à court terme ne permettra de dépasser la crise alimentaire mondiale. Les récoltes d'automne 2008 influenceront les prix des marchés de produits alimentaires, mais un nouveau cycle de malnutrition exacerbée devrait démarrer, malgré les interventions internationales d'urgence. Les effets se feront inévitablement sentir à court et à moyen terme, deux exemples: au Salvador, les personnes les plus pauvres consomment la moitié de ce qu'elles consommaient avant la crise; en Afghanistan, les consommations alimentaires représentent 50% du budget actuel des ménages, par rapport à 10% en 2006. A moyen terme, la mise en place d'un Plan d'Action Globale coordonnée entre les 27 agences de l'ONU qui se sont emparées du problème, devra permettre une réduction de l'impact humanitaire de la crise, au risque, comme l'a précisé le Secrétaire Général de l'organisation, Ban Ki Moon à Accra, "de provoquer une cascade d'autres crises [...], d'affecter la croissance économique, le progrès social et même la stabilité politique à travers la planète". La recherche d'une solution à long terme devrait aussi passer par une amélioration agro-technologique à l'image de ce qui s'était fait lors de la première Révolution Verte. Un ingénieur agronome américain, Norman Borlaug, avait alors réussi à développer une variété de blé plus résistante aux maladies, avec un rendement supérieur qui a permis de démultiplier la production mondiale, notamment en Inde, au Pakistan, et au Mexique; il a reçu le Prix Nobel de la paix en 1970. Cela ne signifie pas abandonner le principe de précaution en matière d'OGM, mais de l'appliquer avec sagesse, et non pas de manière dogmatique, empêchant toute amélioration conséquente de rendements, qui pourraient changer la donne des problèmes alimentaires mondiaux.
Entre temps, de nombreuses solutions écologiquement viables existent déjà pour développer les productions alimentaires, notamment les productions liées à la pisciculture et au bétail. Il s'agirait notamment de changer le régime alimentaire afin de réduire la part conséquente de la production alimentaire consacrée à nourrir du bétail ou des poissons à forte valeur ajoutée (saumon, thon). Une approche plus équilibrée des productions agricoles, avec des fermes intégrées, en usant des matières d'une production agricole pour la consommation d'un autre type de production agricole sur le même site, permettrait d'augmenter le rendement des fermes et réduire les déchets de production. Par exemple, dans le cas de la pisciculture, l'utilisation d'algues, d'oursins, et / ou de moules dans des réservoirs de saumons, permet de limiter la production de nitrogène par les poissons, les maladies qui se développent dans les monocultures, le recyclage de l'eau, et créer une production secondaire qui peut être revendue (les moules se développent deux fois plus vite à proximité des saumons, d'autres espèces nettoient les réservoirs de cultures de gros poissons, c'est le cas des huîtres, de coquilles saint jacques et d'autres crustacés) tout en nettoyant l'écosystème; le développement des ostréicultures, ainsi que les cultures de crustacés, permet aussi le développement de récifs artificiels qui attirent certains types de poissons comme les aloses; dans les rizières d'Asie du Sud Est, l'utilisation d'algues ou de poissons permet de développer des productions secondaires (un hectare de riz pouvant produire jusqu'à 1500 kilos de poisson par an), souvent vendues comme du poisson frit (tradition vieille de 3000 ans en Chine), et limiter les maladies humaines (malaria,) et végétales (moins d'herbicides sont nécessaires car les poissons mangent les herbes non essentielles); dans le cas de l'élevage de cochons, une alimentation plus appropriée permet de réduire les émission de méthane (dommageable pour l'atmosphère); il a aussi été remarqué que la réintroduction d'espèces végétales ou animales historiquement liées à un écosystème permettait de plus grands rendements que l'importation d'espèces étrangères. Les études récentes (cf. Worldwatch Institute) démontrent que la production agricole biologique pourrait se développer plus facilement dans les pays en développement et permettre des rendements jusqu'à trois supérieurs aux productions agricoles en diminuant l'utilisation d'engrais et semences modernes. Le transfert d'une partie des productions d'espèces très consommatrices en nourriture (dont une partie issue d'antibiotiques polluant les eaux environnantes) et énergie (recyclage d'eau, etc.), comme le saumon, le thon, ou le cabillaud, vers d'autres cultures plus abondantes, comme les carpes, les poissons-chats, ou les crustacés, créerait un équilibre marin renouvelé. Pour inciter ce changement de consommation, il serait nécessaire de mettre en place des campagnes marketing de mise en valeur de produits alimentaires différents, réalisées par des acteurs privés avec l'aide des acteurs publics (avec la mise en place de labels ou de campagnes publicitaires génériques); quelques exemples mis en place au Pérou, avec la réintroduction d'espèces de patates ou de poissons (anchois) peu consommées, grâce à des campagnes de marketing, ont permis une augmentation conséquente de la consommation nationale (et donc de productions vivrières avec la réduction des importations agricoles). Permettre la régénération des zones mortes maritimes pourrait s'effectuer rapidement, avec l'interdiction de certains types de pêche en haute mer, qui ratissent des pans entiers de fonds marins à la recherche de quelques espèces; ce type de pêche est aussi très consommatrice en énergie pour les besoins des navires mais surtout ceux de préservation des pêches pour le voyage de retour vers les ports de déchargement. L'interdiction de pêche dans certaines zones maritimes (20% des océans) serait probablement le moyen le plus économe pour régénérer les populations de poissons (il a été remarqué que les zones environnantes aux zones interdites deviennent rapidement des zones de pêche très rentables). La diversification des consommations alimentaires telles que prônées par quelques groupes comme Slow Food, permettrait déjà d'avancer de manière considérable vers un rééquilibrage des productions et consommations.
Ce billet est le premier d'une série que j'espère écrire sur les
Crises de Fin de Décennie (crises alimentaire, financière, pétrolière,
du dollar, climatique, etc.). Un autre billet traitait déjà des problématiques liées à l'eau et à la Géopolitique de l'eau.
Je souhaite rendre hommage au travail pédagogique considérable de Roméo Lucibello et Thomas Guénolé des GrozBulles; à travers leur humour ou leurs articles, ils nous obligent à prendre conscience de l'ampleur de cette crise et prendre parti. La "Bulle" sur la colonne de gauche de l'article est leur oeuvre (plusieurs autres sont disponibles sur ce sujet sur leur site), Merci à tous les deux!
De même je souhaite signaler le travail épatant réalisé par Vincent15 sur son blog Démocratie Durable et la remarquable compilation de données sur ce sujet par Juju41 sur le Forum Demosweb. Pour tous ceux qui s'intéressent à l'approche économique du développement durable, une de mes grandes sources d'inspiration est le Worldwatch Institute
*Compte tenu des urgences alimentaires qui se multiplient à travers la planète, le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies a lancé la campagne "Fill the Cup" ("Remplissez la tasse"). Si vous souhaitez, comme moi, afficher ce lien sur votre blog (en bas à droite du blog, rubrique "Urgences"), voici les codes html:
- en rouge: <div style="text-align:center"><a href="https://secure.my-websites.org/supporter/donatenow.do?n=gbss&dfdbid=1044253" target="_blank" ><img src="http://i47.servimg.com/u/f47/11/97/40/90/wfp15410.jpg" border="0" alt="Image hébergée par servimg.com" /></a>
- en noir et blanc: <div style="text-align:center"><a href="https://secure.my-websites.org/supporter/donatenow.do?n=gbss&dfdbid=1044253" target="_blank" ><img src="http://i47.servimg.com/u/f47/11/97/40/90/wfp15412.jpg" border="0" alt="Image hébergée par servimg.com" /></a>






















Passionnant, merci !
Rédigé par: Lancelot | 03 mai 2008 at 10:27
;-)
Rédigé par: ArnaudH | 03 mai 2008 at 12:43
Comme d'habitude, dense et lisible :)
Rédigé par: Frédéric | 04 mai 2008 at 00:01
Bonjour Arnaud,
J’ai terminé la lecture de ton article sur la crise alimentaire. Excellent comme d’hab.
J’attire juste ton attention sur une portion de phrase sur laquelle je m’interroge :
« … la spéculation sur les prix des matières premières, liée au transfert des montants réservés à la spéculation sur l'immobilier après la crise des subprimes, vers d'autres valeurs refuge (ce mouvement a empiré par la recapitalisation des banques suite au choc des subprimes) … »
Il ne semble pas logique de dire que la spéculation sur l’immobilier s’est portée sur d’autres valeurs refuge ; si cette hypothèse était vraie, ce que je ne crois pas, il faudrait dire que la spéculation s’est portée sur d’autres valeurs spéculatives. Je t’envoie ci-dessous un texte ou je démontre que le volume de la spéculation sur le blé en Europe est trop faible pour avoir besoin d’une relation avec le subprime.
Et la pertinence de la référence avec la recapitalisation des banques m’échappe …
Amicalement
Alain
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Qu’est-ce que la spéculation sur les matières premières ?
La fonction des marchés à terme de matières premières (c'est-à-dire de produits récoltés ou extraits) est de permettre à ceux qui les produisent (agriculteurs et entreprises minières) de s’assurer un prix de vente certain, et à ceux qui les consomment (le secteur agroalimentaire et l’industrie métallurgique et autres consommateurs de métaux) de s’assurer un prix d’achat certain.
On dit qu’il s’agit d’un marché à terme, parce que les transactions portent sur des biens qui n’existent pas encore, mais qui seront disponibles, après récolte ou fabrication, à une certaine échéance.
Prenons l’exemple du Blé sur le marché de Londres. C’est là que se négocie le blé européen dont la récolte annuelle est de l’ordre de 125 millions de tonnes, en deux qualités, le blé meunier et le blé fourrager. Les échéances annuelles sont les suivantes : janvier, mars, mai, juillet et novembre, et le marché cote le blé sur 8 échéances, c'est-à-dire qu’aujourd’hui on peut faire des transactions aux échéances de mai 2008, juillet, novembre, janvier 2009, mars, mai, juillet et novembre.
L’unité de transaction s’appelle un contrat et porte sur 50 tonnes. Pour un cours de 200€ la tonne, un contrat représente donc 10000€ ; il faudra, pour être admis à le souscrire, faire un dépôt de garantie de 10% ou davantage. Chaque jour la bourse calcule l’effet de la variation des cours sur votre contrat, et vous réclame un supplément de garantie (l’appel de marge), ou vous verse un bénéfice provisoire.
Le vendredi 25 avril 2008 (hier), il y a eu 3737 contrats négociés sur le blé meunier, amenant l’encours total à 73390 contrats, représentants 3,7 millions de tonnes de blé meunier, à quoi on peut ajouter 0.6 millions de tonnes de blé fourrager, soit 4.3 millions de tonnes sur une production annuelle de l’Europe de 125 millions de tonnes. A noter que 3.4 millions de tonnes sur les 4.3, soit 80%, portent sur une seule échéance, celle de novembre 2008.
On admettra aisément que sur cette quantité modeste à l’échelle de l’Europe, un partie non négligeable concerne les agriculteurs (en fait des coopératives spécialisées) cédant leur production à des industriels de l’alimentaire qui en auront besoin de manière certaine.Alors quelle est la part de la spéculation sur le marché du blé européen ?
On vient de voir l’utilisation du marché à terme par les acteurs pour lesquels le terme a des conséquences concrètes ; ils veulent réellement céder physiquement les produits pour les uns et les faire rentrer dans leurs usines pour les autres, à la même date.
Maintenant appliquons les règles des marchés à terme à la description de la spéculation faite plus haut : « il suffit d’acquérir de grandes quantités de titres ». Il y a deux cas à considérer : soit la récolte future n’est pas encore vendue, soit elle est déjà vendue. Dans le premier cas, le spéculateur est certain de pouvoir livrer le blé à l’échéance, il a simplement créé une demande solvable qui n’existait pas, et s’il en apparaît une autre il pourra sans doute lui vendre avec profit. Cependant, si elle n’apparaissait pas, ou si elle apparaissait à un prix inférieur à ce qu’il souhaite, il perdra de l’argent, et si elle n’apparaît pas, il se retrouvera avec des tonnes de blé qu’il faut liquider dans un entrepôt qu’il faudra payer. Dans le deuxième cas, il doit trouver une contrepartie à son achat, et en l’absence de producteur, il va trouver un spéculateur jouant sur la baisse des cours. Et il ne pourra gagner qu’en vendant à un autre spéculateur jouant sur une hausse des cours encore plus forte que celle sur laquelle il a lui-même spéculé, et il faut le trouver avant l’échéance.
Tout cela est possible, mais associé à de grands risques. C’est quoi les grandes quantités ? Un millième de la production mondiale (600000 tonnes) demande un dépôt de garantie de 12 millions € (*) avec un risque supérieur.
Le véritable problème se situe sur les points faibles exploités par les spéculateurs, et non par la vente à terme elle-même :
- l’effet de levier offert par des dépôts de garantie insuffisants ; lse bourses le connaissent bien puisqu’en cas de variation trop rapide des cours elles les augmentent comme l’a fait récemment la bourse de Chicago, sur le blé ;
- la spéculation à la baisse des actions rendues possibles par le prêt de titres fait par des détenteurs institutionnels (assurances, fonds de pension, etc.)
- le prêt d’or fait par des banques centrales permettant à des mines de pratiquer des ventes à découvert qui ont bouleversé le marché de l’or pendant des années.
- les prêts consentis aux hedge-funds pour fabriquer des effets de levier astronomiques
(*) Le chiffre de 12 millions fixait l’ordre de grandeur des capitaux nécessaires et des risques relatifs. Il permet de se rendre compte des montants en jeux dans la spéculation sur le blé sur marché de Londres dont on a vu plus haut que l’en-cours s’élevait à 4.3 millions de tonnes ; les capitaux mobilisés s’élèvent à 86 millions à la date du 25 avril, montant qui ne semble pas de nature à attirer tous les Jérôme Kerviel de la terre.
Je reste donc convaincu que les prix actuels n’auraient pas connu les variations que l’on a constatées si la demande ne s’était pas significativement accrue, ce qu'elle a fait.
Rédigé par: Alain Bertier | 07 mai 2008 at 14:14
Salut Alain, merci beaucoup pour le commentaire pertinent (comme d'hab) et ton superbe article sur les spéculations sur le blé en Europe.
Sur le transfert des spéculations des marchés immobilier et monétaire vers la spéculation vers les matières premières, ce n'est pas de moi, je vais avoir du mal à retrouver la référence (j'ai lu trop d'articles sur le sujet pour retrouver une référence spécifique - faut que je m'améliore en référencements Web 2.0 - liens vers les articles pertinents).
Mon raisonnement là dessus est comme suit:
- la crise des subprimes a créé un facteur de risque (supplémentaire) dans l'immobilier (notamment sur le manque de données fiables sur les emprunts bancaires de bas de marché et sur la valeur réelle des titres qui comprennent des effets immobiliers);
- les prix des matières premières agricoles étaient stables avec un équilibre entre une croissance mondiale stable ces dernières années jusqu'à début 2008 (trois grandes zones mondiales en croissance), face à une offre qui augmentait en correspondance (surtout grâce à des gains de productivité progressifs à l'échelle mondiale);
- la spéculation a atteint des niveaux historiques pour les valeurs refuge classiques que sont les hydrocarbures et les pierres précieuses;
- la capacité de transport de denrées agricoles est limitée au tonnage actuel (qui ne peut augmenter du jour au lendemain), créant un goulot d'étranglement permettant une spéculation sur les prix - et non plus sur les quantités produites;
- la fermeture des frontières de certains pays aux exportations de productions agricoles rajoute un facteur de risque au marché, renforçant le goulot d'étranglement sur les volumes;
- la recapitalisation des banques commerciales est inflationniste (sur l'ensemble des prix) mais crée aussi de la trésorerie qui doit être investie à court terme dans l'attente de dossiers de crédits répondant aux critères de rentabilité et de risques habituels - tant que le ratio Cooke n'est pas altéré. Les nouveaux facteurs de risques sur les marchés de l'immobilier, des hydrocarbures et des pierres précieuses, la raréfaction des productions agricoles par rapport à la demande mondiale sur une période probablement courte, les goulots d'étranglements sur une période de quelques années (le temps d'ajuster les offres nationales et régionales, ainsi que les transports inter-continentaux) créent des conditions optimales pour une diversification temporaire (supplémentaire) des fonds spéculatifs sur les marchés des matières premières (ce scénario s'était déjà produit avec la diversification supplémentaire temporaire des fonds spéculatifs sur les marchés monétaires lors de la crise du SME en 1992). Les courbes d'augmentation des prix des matières premières devenues exponentielles ces derniers mois sembleraient confirmer cela.
J'ai probablement été trop vite lors de l'explication sur l'article, mais cela me semble se tenir, Whatdoyouthink? Par contre, tu as raison sur la terminologie, il ne s'agit pas trop de "valeurs refuges" mais plutôt de "valeurs spéculatives", je vais changer le texte.
Sur ton article et les montants en jeux à relativiser: tu as tout à fait raison. Je rajouterai tout de même deux points:
- les marchés pour PVD / PMA ne sont pas aussi organisés que pour l'UE, la question se pose donc sur l'efficacité et la réactivité face aux conditions de demande changeantes (et bientôt d'offre);
- les effets de fonds spéculatifs internationaux sur des marchés où les masses monétaires en jeux sont faibles, peuvent être d'autant plus déstabilisants.
Amicalement,
Arnaud
Rédigé par: ArnaudH | 07 mai 2008 at 14:24
Arnaud,
Merci pour tes explications, mais j’y apporte quelques observations pour clarifier ce sujet difficile (j’essaye, en n’étant pas certain d’y parvenir), tout ceci est si complexe que l'on n'a jamais fini de préciser:
"la spéculation a atteint des niveaux historiques pour les valeurs refuge classiques que sont les hydrocarbures et les pierres précieuses"
Ma remarque portait sur le sens de valeur refuge. La classification commune des boursiers se fait entre valeurs refuge, les moins risquées, valeurs spéculatives, les plus risquées, les autres étant les valeurs de placement ordinaires entre les deux. Ce qui fait que les diamants sont bien des valeurs refuges (à conserver quoiqu’il arrive) ce qui n’est pas le cas du pétrole. Cette remarque n'a d'intérêt que parce que tu es très lu et qu'il faut éviter le pinailleur dans mon genre.
"la capacité de transport de denrées agricoles est limitée au tonnage actuel (qui ne peut augmenter du jour au lendemain), créant un goulot d'étranglement permettant une spéculation sur les prix - et non plus sur les quantités produites"
un goulot d’étranglement rend plus difficile la satisfaction de la demande ; cela tend à causer une augmentation du prix, indépendamment de toute spéculation, car l’effet est équivalent à une diminution de quantité disponibles.
"la fermeture des frontières de certains pays aux exportations de productions agricoles rajoute un facteur de risque au marché, renforçant le goulot d'étranglement sur les volumes"
idem
"la recapitalisation des banques commerciales est inflationniste (sur l'ensemble des prix) mais crée aussi de la trésorerie qui doit être investie à court terme dans l'attente de dossiers de crédits répondant aux critères de rentabilité et de risques habituels - tant que le ratio Cooke n'est pas altéré."
La recapitalisation n’a pas l’effet que tu supposes, car les sommes disponibles à la banque ne sont plus disponibles chez les souscripteurs. En vérité même à la banque elles ne constituent pas une disponibilité nouvelle car elles remplacent une partie des sommes perdues.
"Les nouveaux facteurs de risques sur les marchés de l'immobilier, des hydrocarbures et des pierres précieuses, la raréfaction des productions agricoles par rapport à la demande mondiale sur une période probablement courte, les goulots d'étranglements sur une période de quelques années (le temps d'ajuster les offres nationales et régionales, ainsi que les transports inter-continentaux) créent des conditions optimales pour une diversification temporaire (supplémentaire) des fonds spéculatifs sur les marchés des matières premières"
Ce serait vrai si les immenses pertes sur l’immobilier et ses dérivés n’avaient pas atteint les fonds spéculatifs. En pratique on voit sur mon exemple du blé européen que les capitaux mis en jeux sont sans commune mesure avec la grande spéculation immobilière.
"ce scénario s'était déjà produit avec la diversification supplémentaire temporaire des fonds spéculatifs sur les marchés monétaires lors de la crise du SME en 1992"
Il n’y a pas eu diversification ; la spéculation sur les changes est d’une autre nature que sur les matières premières, et Georges Soros (le célèbre vainqueur du conflit avec la livre) est en veille permanente (il parait même qu'il a tenté plus tard de réitérer son opération et que cette fois il a perdu) sur ce marché particulier qui n’a pas les garde-fous des MP. On ne peut donc pas dire que le scénario d’aujourd’hui se soit déjà produit.
"Les courbes d'augmentation des prix des matières premières devenues exponentielles ces derniers mois sembleraient confirmer cela."
La spéculation aggrave les tendances, mais elle ne les produit pas. Un contrat à terme, support de toutes les spéculations sur les matières premières, finit toujours par une livraison physique qui met un terme définitif à la spéculation. Un universitaire illustrait cela récemment par l'image de l'écume sur les vagues : plus les vagues sont fortes, plus il y a d'écume, mais ce n'est pas l'écume qui génère la force des vagues.
Un dernier mot sur tes deux points :
- les marchés à terme de matières premières, à ma connaissance, n’existent pas (ou pas encore) dans les PVD, c’est donc la demande physique qui commande le prix là-bas.
- La question des marchés à faibles volumes qui seraient vulnérables à la grande spéculation à mon avis ne se pose pas, pour la raison logique qu’un spéculateur a besoin de trouver, sur le marché où il intervient, une contrepartie. Et un gros spéculateur a besoin d’une grosse contrepartie. Les deux ensemble ne se trouvent que sur les grands marchés.
Amicalement
Alain
Rédigé par: Alain Bertier | 07 mai 2008 at 14:29
Alain,
Tes remarques sont pleines de bon sens. J'en resterai à ta remarque "La spéculation aggrave les tendances, mais elle ne les produit pas" qui était l'intention originelle de mes propos (les liquidités issues de la crise immobilière permettent des spéculations supplémentaires sur les marchés des matières premières - même si je comprends mieux ton désaccord suite à tes explications très complètes et pédagogiques) et le sens de mes observations dans les commentaires (chaque goulot d'étranglement et chaque crise financière / des transports / etc. alimente la crise alimentaire via les chocs sur le marchés des matières premières qui sont accentués par la spéculation).
Pour ce qui est des recapitalisations, nous sommes d'accord, elles ne fournissent pas, en soi, de nouvelles liquidités, mais elles permettent la relance de fonds spéculatifs qui étaient limités pour cause de crise immobilière et financière. Mais bon, c'est vrai, le lien entre les deux crises est hasardeux (de la spéculation de ma part, lol).
Pour ce qui est des fonds spéculatifs sur les marchés du blé, je suis d'accord. Mais si nous y ajoutons tous les marchés de matières premières alors les montants en jeux sont nettement plus importants (je pense que cela se confirme dans les faits par la croissance des départements commodities dans les banques internationales). Même remarque pour les fonds dans les PVD / PMA, il s'agit surtout de spéculer sur les marchés internationaux (et non les marchés locaux), toutefois, le dévelopement des marchés en Asie (Inde, Hong Kong, Singapour et Tokyo), au Brésil et en Australie, doivent aussi accélérer les tendances sur les marchés à terme des matières premières.
Amichevolmente ;)
Rédigé par: ArnaudH | 07 mai 2008 at 14:54
Je signale juste que l'administration américaines va envoyer 500 000 t de nourritures à la Corée du Nord; une partie sera distribué directement par des ONG US, ce qui permettra de surveiller un peu à qui profite réellement cette manne.
Avec la Corée du Sud qui envoie des centaines de milliers de tonnes de riz chaque année et les aides d'autres organisations internationels et états, les Nord Coréens ne devraient pas trop souffrir de la fin si toute cette aide arrive vraiment à ceux qui en ont besoin.
Rédigé par: Frédéric du Wiki | 22 mai 2008 at 15:02
@ Frédéric: Merci pour les infos. Celles que j'ai pu consulter jusqu'à présent sont apocalyptiques prédisant une famine pire que celle des années 90 (qui avait fait 2 à 3 millions de morts pour cause de malnutrition). Je vais faire un billet à ce sujet dans les prochaines semaines ;-)
Rédigé par: ArnaudH | 22 mai 2008 at 15:20