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28 avril 2008

Quindi... La défaite de Francesco Rutelli à Rome raffermit la victoire historique de la droite italienne

Rutelli3 La faible participation lors du second tour des élections provinciales et municipales italiennes du lundi 28 avril 2008, 63% par rapport aux 73,5% lors du premier tour à Rome (qui correspondait aussi aux élections législatives), a permis la victoire de Gianni Alemanno à la Mairie de Rome (53,66% des voix). Candidat issu de l'extrême droite, ayant rejoint successivement l'Alleanza Nazionale de Gianfranco Fini puis le Popolo della Libertà (PdL) de Silvio Berlusconi, il aura réussi à battre le candidat du centre et de la gauche, Francesco Rutelli du Partito Democratico Italien (PD, 46,34% des voix), renforçant ainsi, au niveau local, le percement initié par le PdL et la Lega Nord au niveau national et régional lors des législatives du 14 avril dernier (voir billet). La victoire de Francesco Rutelli aux municipales à Rome, aurait eu une valeur emblématique pour le tout nouveau PD et sa nouvelle stratégie politique d'indépendance, préservant le bastion du centre et de la gauche italienne face à la vague électorale de droite. La défaite du PD au niveau local est cependant tempérée par une victoire au niveau provincial, celle de Nicola Zingaretti (le ballottage ayant lieu pour 5 élections provinciales et 44 communales). Au delà de la stratégie électorale et de la stratégie des deux grands nouveaux partis politiques majoritaires en Italie (PdL et PD), il s'agissait aussi de voir l'état d'intromission des politiques de droite sur les sujets sécuritaires et d'immigration dans les esprits des italiens du centre et du sud du pays. Cette crainte d'un dépassement du socle naturel des idées en provenance de l'extrême droite et du nord du pays étaient alimentées par le score de la Lega Nord lors des élections législatives (8% lors du scrutin législatif), et le niveau électoral, sans précédent depuis la guerre, de la liste de droite à Rome au premier tour des élections municipales menée par Gianni Alemanno (40,74% face aux 45,77 obtenus par Francesco Rutelli), de même que celle menée par Alfredo Antoniozzi au niveau de la Province de Rome (36,1% au premier tour face à 46,9% pour Nicola Zangaretti). Les stratèges électoraux des deux partis ne se seront pas trompés: les deux hommes en lice pour devenir Sindaco di Roma (Maire de Rome) étaient tous deux des poids lourds de la politique italienne, que ce soit au niveau national ou local; les deux candidats pour la Province de Rome, étaient des députés européens en poste (siégeant respectivement au PSE et au PPE).

 

Francesco Rutelli, 54 ans, candidat du PD, est issu de la famille des Radicaux Italiens, député italien depuis 1983 (réélu en 1987,1992, puis 2001, 2006) il participera au regroupement "Vert Arc-en-ciel" à partir de 1989, puis Fédération des Verts (en devenant le chef du groupe parlementaire en 1992), avant que cette dernière s'intègre à la coalition de l'Olivier, menée par Romano Prodi à partir de 1995.  Proposé comme Ministre de l'Environnement en 1993 sous le "gouvernement technique" de Carlo Azeglio Ciampi, il démissionne le lendemain de sa nomination, avec l'ensemble des verts et de la gauche modérée, suite au refus de démettre Bettino Craxi de ses fonctions parlementaires et d'être jugé en cour pénale dans le cadre de l'opération Mani Pulite. Candidat de l'Olivier en 2001 pour le poste de Président du Conseil (Romano Prodi étant Président de la Commission Européenne 1999-2004, et ne pouvant se présenter, Francesco Rutelli doit démissionner de son poste de Maire de Rome afin de poser sa candidature aux législatives), il perd les élections face à Silvio Berlusconi, de même que le statut de leader du centre et de la gauche. L'Olivier n'étant qu'une coalition politique, Rutelli crée un parti politique en 2002, la Margherita (regroupant les radicaux, démocrates chrétiens, libéraux, sociaux-démocrates et verts, tous pro-européens), qui prendra une place prépondérante au sein de l'Olivier aux cotés des ex-communistes devenus Démocrates de Gauche (DS), avant de fusionner avec sept autres partis pour créer le PD en 2007, ce regroupement représentant une ambition historique du président de la Margherita (il appuiera la candidature de Walter Veltroni, au poste de Secrétaire Général du PD ). Francesco Rutelli a aussi été député européen (1999-2004), fondateur en 2004 du Parti Démocrate Européen (PDE) avec François Bayrou (président du MoDem), dont ils sont co-présidents (le président d'honneur du PDE étant Romano Prodi), et a exercé la fonction de Ministre de la Culture du gouvernement sortant de Romano Prodi (2006-2008, il sera un des deux vice-présidents de ce gouvernement avec Massimo D'Alema). Au niveau local, il aura été conseillé de la ville de Rome depuis 1989, avant de se faire élire maire en 1993 (au deuxième tour face au leader de la droite Gianfranco Fini), réélu en 1997 (mandat 1993 - 2001). Sa gestion de la ville, qui souffre d'un manque de dynamisme économique compte tenu de son activité privée réduite (la ville est surtout le siège de l'ensemble des administrations nationales, la capitale économique de facto étant Milan), laisse un bon souvenir, et ses grandes oeuvres, dont le Parc de la Musique - Auditorium et l'Ara Pacis (projet d'architecture moderne au centre ville pour créer un musée et protéger un de ses patrimoines antiques, l'Autel de la Paix d'Auguste, réalisé par l'architecte Richard Meier), auront redynamisé la politique culturelle de la capitale (il aura aussi du gérer, en tant que maire, le Jubilé 2000). A travers tous ses mandats, Francesco Rutelli s'est fait le défenseur d'une politique de centre, qui refuse les conservatismes, de droite ou de gauche, et prône des réformes d'inspiration libérale (croissance et modernisation économique,  sauvegarde de l'environnement, investissements en infrastructures, soutien à la politique familiale, solidarité internationale et engagement pour la pacification des conflits) pour lesquels il a obtenu des soutiens conséquents au sein du PD.

 

Gianni Alemanno, 50 ans, candidat du PdL, a démarré sa carrière politique au Mouvement Social Italien (MSI), parti d'extrême droite qui a remplacé le parti fasciste interdit après la guerre, et a été arrêté puis relaxé a plusieurs occasions (pour agressions présumées d'étudiants en 1981, avoir lancé un cocktail molotov contre l'ambassade soviétique en 1982, et blocage du cortège présidentiel américain en 1989). Il devient le secrétaire national des jeunesses (Fronte della Giuventù) de son mouvement politique en 1988. A partir de 1994, Alemanno rejoint le parti de la droite libérale et conservatrice Alleanza Nazionale (AN) et se fait élire conseiller de la région de Lazio (région de Rome) et député national aux législatives qui suivent (réélu entre 1996, 2001 et 2006). Au sein de l'AN, il fonde, avec Francesco Storace (leader d'extrême droite devenu le secrétaire du nouveau parti créé en 2007, La Destra, qui a obtenu 2,4% et 2,1% des voix aux élections législatives de 2008), la "Droite Sociale" un courant qui se base sur un contenu programmatique plus traditionaliste, corporatiste, et identitaire (plutôt que conservateur et libéral), prônant l'élimination des impôts directs. En 2000, Alemanno est le responsable de l'organisation de la campagne électorale remportée par Storace pour la présidence  de la région de Lazio, et en 2001 le responsable du programme politique du candidat de la Casa delle Libertà (alliance entre AN, Forza Italia, l'UDC et d'autres partis de droite) à la mairie de Rome, Antonio Tajani, qui perd face à Walter Veltroni (47% - 53%). Ministre de l'Agriculture sous le deuxième mandat de Silvio Berlusconi (2001-2006), il deviendra aussi un des trois vice-présidents de l'AN, cependant qu'il se présente aux élections municipales de 2006 à Rome face à Walter Veltroni, élection qu'il perd très largement (37,1% face au score exceptionnel de Veltroni, 61,4%), avant de rejoindre en 2007, comme la majorité des membres de l'AN, le Popolo della Libertà (PdL) dirigé par Silvio Berlusconi.

 

Les deux listes des candidats aux municipales n'étaient pas seulement des listes d'ouverture politique, mais aussi des listes d'ouverture aux différentes formes de représentation populaire. La liste de Francesco Rutelli récoltait ainsi le soutien:

  • du Partito Democratico de Walter Verltroni;
  • de l'Italie des Valeurs (mouvement du l'ex-magistrat Antonio Di Pietro prônant une plus grande transparence politique, membre de l'ADLE, allié au PD aux législatives, qui a obtenu 4,3% des voix);
  • de la liste d'Emma Bonino (ancienne Commissaire Européen aux Affaires Humanitaires, la Consommation et la Pêche de la Commission Santer 1995-1999, Ministre du Commerce International et des Affaires Européennes de Romano Prodi 2006-2008, Député Européenne affiliée à l'ADLE, Sénatrice Italienne) et des Radicaux Italiens (membres de l'ADLE), remis de leur tentative d'union avec les socialistes au sein de la Rose au Poing, dont les candidats aux législatives ont été élus sur les listes du PD;
  • de la gauche radicale italienne (Gauche Arc-en-ciel, qui avait remporté 3% aux élections législatives) regroupant les communistes (Rifondazione Comunista), les verts (Federazione dei Verdi) et une partie des socialistes italiens (Sinistra Democratica) ne souhaitant pas rejoindre le PD;
  • l'Union Démocrate pour les Consommateurs, fusion de deux petits partis centristes issus de La Margherita qui refusent la fusion avec DS au sein du PD, accusé de favoriser une oligarchie politique;
  • les Modérés pour Rome, liste de centristes romains non affiliés à un parti politique, avec un programme municipal précis qui intègre des éléments de santé publique, de pouvoir d'achat, de sécurité publique, avec la réintroduction des portiers, de solidarité citoyenne favorisant la politique familiale, et les projets de sports municipaux, l'entretien des voies urbaines, etc.;
  • Under 30 per Rutelli, programme de jeunes citoyens souhaitant rénover la vie politique et participer à la modernisation de la ville, avec en toile de fond, une politique de la famille permettant un renouveau démographique;
  • une liste de personnalités civiles romaines, dont certaines ne se présentaient pas comme Francesco Totti.

 

La liste de Gianni Alemanno avait le soutien:

  • du Popolo della Libertà de Silvio Berlusconi et Gianfranco Fini;
  • du Mouvement pour l'Autonomie (MPA), parti régionaliste du sud de l'Italie dont la base se situe en Sicile, allié au PdL lors de élections législatives (ayant récolté 1% des suffrages, en parallèle des 8% remportés par l'autre mouvement régionaliste, La Ligue du Nord);
  • du Parti Républicain Italien, le plus vieux parti italien (datant de 1895), libéral et laïc (précédemment du centre gauche, passé au centre droite en 2001), membre de l'ADLE, dont les candidats aux législatives ont été élus sur les listes du PdL, tout en préservant leur autonomie par rapport à la coalition de droite;
  • du Popolo della Vita, groupe anti-avortement italien qui prône une politique fiscale et économique active pour la famille (des bonus de €3500 pour chaque enfant, renouvelable annuellement, augmentation des déductions fiscales par enfant, réductions des factures de gaz et électricité en fonction du nombre d'enfants), ainsi que le renforcement des infrastructures pour les familles et les enfants;
  • la Voix des Consommateurs, groupement politique cherchant à favoriser les consommateurs, améliorer la sécurité alimentaire, un système judiciaire favorisant la conciliation et permettant les recours collectifs, la mise en place d'un fond de réserve pour les frais juridiques des consommateurs, et la mise en place de centres d'observation des indices de qualité et de prix des produits marchands;
  • une liste de personnalités civiles romaines;
  • l'appui personnel de Francesco Storace, le leader de La Destra (avec 3,3% des voix à Rome au premier tour);
  • l'appui tacite des électeurs UDC qui n'auront pas fait alliance avec le PdL au niveau national, mais qui sont plus proches du PdL que du PD (ils avaient obtenu 3,5% des voix à Rome au premier tour).

 

Le thème sécuritaire aura cependant dominé la fin de campagne électorale. Ce thème avait déjà fait surface lors de l'élection législative avec la campagne xénophobe de la Lega Nord, prônant une différenciation renforcée entre le traitement réservé aux intra et aux extra-communautaires. Il faisait suite aux régularisations démarrées sous le gouvernement Berlusconi 2 (système de loterie), continuées sous le gouvernement Prodi 2, et au renforcement de la vague de xénophobie en Italie, suite au meurtre fin 2007 d'une femme romaine par un Rom. Les deux viols ayant eu lieu cette dernière semaine à Rome et à Milan, pour lesquels sont poursuivis un ressortissant égyptien et un ressortissant roumain, ont exacerbé ce sentiment. Lors des derniers débats télévisés, la réponse populiste apportée par Alemanno (prônant, avec l'aide du nouveau Ministre de l'Intérieur, l'expulsion de 20 000 clandestins illégaux et le démantèlement de 85 camps de Roms autour de la capitale, afin de les déplacer ailleurs) aura tapé dans le mille, par rapport à la réponse modérée de Rutelli (proposant d'équiper les femmes qui le souhaitent d'un bracelet permettant de contacter la police immédiatement, Alemanno aura ironisé en comparant ce système à une "bourka électronique"). Le plus surprenant aura été la montée en flèche du sentiment d'insécurité alors que Rome est une des capitales les plus sécurisées d'Europe. Comme tous les candidats du PD, Francesco Rutelli aura souffert de l'image du Gouvernement Prodi, auquel il aura participé, mais plus spécifiquement d'une image de laxisme sécuritaire, qui est pourtant difficilement justifiable, et d'une distorsion populiste de la politique d'immigration autorisée envers d'autre pays membres de l'UE.

 

Au niveau programmatique, (voir ici et ici), Francesco Rutelli souhaitait approfondir la politique menée depuis 1993, qui a permis d'avoir une croissance moyenne supérieure (2,1%) à la croissance nationale (1,7%), une augmentation de la population (+15% entre 2000 et 2006), et une réduction du taux de chômage de la ville (de 10,9% à 7,2%  sur la même période). L'objectif était de prolonger les investissements en cours, notamment en matière de transports publics dont le métro, en utilisant quand cela est nécessaire, le financement de projets et les projets publics / privés, et de créer de nouveaux espaces culturels, surtout à la périphérie de la ville, avec des projets architecturaux "mineurs". L'accent etait mis sur la gouvernance de la ville, cherchant à simplifier les processus décisionnels, faisant appel à la technologie, et en augmentant la participation des citoyens pour la mises en place des plans de modernisation de la ville et réorganisation des transports publics. Le financement de la ville dépend en grande partie des transferts de l'Etat central (ainsi que de la taxe foncière, l'ICI) qui doivent, selon le programme, faire l'objet d'une renégociation afin de réduire la pression fiscale. Pour augmenter les ressources de la ville, un programme de développement touristique mettant en avant l’ensemble de la région, avec une stratégie marketing nouvelle de valorisation des biens culturels, infrastructures et des capacités d’accueil de la ville pour les congrès etait prônée, ainsi que la mise en place de "centres commerciaux naturels", et de cellules photovoltaïques, systèmes d’auto-régulation énergétique, et matériaux moins d’énergivores sur l’ensemble des bâtiments publics. Suivaient quelques projets peu couteux, mais essentiels pour Rome, comme celui d’un monitoring de la sécurité piétonne,  d’un système de paiement à distance pour les transports publics (par internet ou SMS), de développement du WiFi, de balisage d’espaces réservés aux vélos, de développement des « farmers’ market », de capital risque social, et d’aménagement des berges du Tibre.

 

Le programme de Gianni Alemanno est avant tout identitaire et sécuritaire. Il cherche à faire valoir la richesse culturelle de Rome pour profiter de la mondialisation et non pas s’y soumettre. Son premier objectif est de créer une Commission des Sages pour remettre en cause le modèle romain sur le modèle de la Commission Attali française, qui a fait preuve de "bipartisme". Le  programme pour la ville s’inscrit dans le cadre d’un pacte entre la ville, la province, et l’Etat, cherchant à unir les deux premières en un même "district" bénéficiant du fédéralisme fiscal (avec l’élimination de la taxe foncière, ICI); d’un programme de développement urbain pour les familles de classe moyenne et basse (qui prévoit la reconstruction des zones périphériques de la ville); la création de deux nouveaux périphériques routiers ainsi que la finalisation du périphérique ferroviaire; l’expulsion de 20 000 "nomades" et immigrés clandestins, la fermeture des camps de "nomades abusifs", la répression des "commerces abusifs" et de la mendicité des mineurs, le développement de la police de proximité; le soutien aux familles par la mise en place de bonus pour tous les enfants jusqu’à leurs majorité, de 10 000 postes en crèche, d’une aide financière aux retraités et aux jeunes précaires, et d’un nouvel hôpital.

 

Quindi... La faible participation lors du deuxième tour, liée en partie à un hasard du calendrier (long weekend et jours fériés les semaines qui précédait et suivait le scrutin), démontre à nouveau la volonté des italiens, et des romains, d'expérimenter une alternance politique. La polarisation de l'élection municipale romaine, entre un candidat du centre, soutenu par le centre-gauche et la gauche, face à un candidat de la droite traditionaliste, soutenu par le centre-droite, la droite, l'extrême droite, et un mouvement régionaliste, n'aura rien changé. La campagne xénophobe démarrée dans le nord du pays par la Lega, aura aussi atteint la capitale du pays, renversant une tendance datant de 1946, aucun parti de droite n'avait gouverné la capitale du pays depuis Mussolini (uniquement des partis du centre démocrate chrétien 1946-1976, 1985-1989, de la gauche 1976-1985, 1989-1993, et du centre gauche 1993-2008). La conjonction de ces éléments auront permis à Gianni Alemanno de faire le plein de voix qui lui manquaient au premier tour (l'écart entre le score de Francesco Rutelli entre le premier et le deuxième tour étant inférieur à un pour cent, l'abstention supplémentaire jouant en faveur d'Alemanno). La Province de Rome aura cependant suivi la tendance inverse, Nicola Zangaretti, le candidat du PD, arrivant en tête avec une courte avance (51,8% des voix); ce vote pour le conseil provincial, ainsi que le maintien de la région de Lazio aux mains du centre-gauche (les prochaines élections ayant lieu en 2010), pourraient remettre en cause des pans entiers du programme d'Alemanno, basé sur une coopération entre la ville, la province, la région, et l'Etat central (création d'un district de Rome, fédéralisme fiscal, reconstruction des périphéries, investissements en infrastructures périphériques).

 

L'ironie du sort a inversé les rôles des deux grandes figures du PD italien. Francesco Rutelli avait du démissionner de son poste de Maire de Rome en 2001, pour se présenter comme chef de file du centre et de la gauche aux élections législatives, et perdre face à Silvio Berlusconi; Walter Veltroni avait pris sa place et s'était fait élire Maire de Rome. En 2008, le nouveau chef du PD a du démissionner à son tour du poste de Maire pour faire face à Silvio Berlusconi comme chef de file du parti uni du centre et du centre- gauche, il a perdu les élections législatives. Walter Veltroni et Francesco Rutelli devront maintenant reconstruire, depuis l'opposition, pendant les cinq prochaines années une force cohérente pour la possible alternance de 2013, sans avoir réussi à gagner de nouveaux bastions locaux forts (ce qui redonnera des ailes aux oppositions internes du PD). Le maintien de Rome dans le giron du centre et du centre-gauche n'aurait pas uniquement été une affaire symbolique et locale. En 1998, le projet CentoCittà avait réussi à réunir les maires italiens du centre et de la gauche, ainsi que des associations pro-environnementales, avant de muter en I Democratici,  mouvement qui allait redonner une base politique à la coalition de l'Olivier afin de lui permettre de faire un score honorable en 1999 aux élections européennes. CentoCittà est aujourd'hui considéré comme le noyau de ce qui est devenu le Partito Democratico. Pendant les cinq prochaines années, le PD, libéré en grande partie de ses problématiques de stratégie électorale, devra faire de sa gestion municipale, provinciale et régionale, l'exemple d'une politique démocrate rénovée.

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Bon je crois que tu as tout dit. :)

Manque un commentaire: Porca Miseria :(

Quelle leçon d'histoire !

Si je cherchais une micro-amélioration possible : c'est le MSI qui se transforme en AN en 1995, pas Allemano qui rejoint ce nouveau parti ?

Salut Fred,

Oui tu as raison, le MSI devient la composante principale d'AN (les autres composantes étaient des personnalités issues de la démocratie chrétienne après mani pulite, des libéraux, et des conservateurs), mais en 1995, une partie du MSI ne rejoint pas l'AN (rebaptisé "Movimento Sociale - Fiamma Tricolore", qui a rejoint une mini-coalition avec la Destra en 2008) - d'où la précision sur Alemanno.

Par ailleurs, en 2003, Gaetano Saya avec une partie de l'AN partira pour recréer un "Nuovo MSI", ainsi qu'Alessandra Mussolini pour créer "Azione Sociale", cette dernière rejoindra le PdL de Berlusconi comme candidate en Campanie.

ah ok ok !

Rome ne serait pas elle-même sans le pape et l'Eglise. J'imagine que l'impact doit être fort dans les élections locales. Depuis des siècles, Rome a un intérêt économique au maintien et à la prospérité du siège de saint Pierre. L'histoire des jubilés en témoigne; plus de détails ici, par exemple :

http://www.villemagne.net/site_fr/rome-origine-du-pelerinage-romain.php

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