Un mois après le lancement des caucus et primaires en Iowa, c'était au tour de 24 Etats américains et aux américains de l'étranger de voter le même jour, "Super Tuesday", pour choisir leurs délégués pour les conventions républicaines et démocrates. Les Etats ne votaient pas tous pour les mêmes primaires, ainsi, 21ont voté pour des primaires républicaines et 22 pour des primaires démocrates. Le mode de scrutin des délégués n'est pas le même non plus. Dans la majorité des cas, les primaires démocrates auront procédé à l'élection de délégués qui se répartissent proportionnellement au score du candidat dans chaque Etat, tandis que les primaires républicaines auront donné l'ensemble des délégués de chaque Etat au vainqueur de l'Etat. Ainsi, les républicains auront réussi à dégager un candidat favori bien avant la fin de la saison des primaires et la convention de Minneapolis de début septembre, tandis que les démocrates devront probablement suivre le processus des primaires jusqu'à la fin, le 3 Juin, voire même jusqu'à la convention, fin août à Denver, avant de reconnaître de manière définitive le candidat qui obtiendra l'investiture. Le processus est rendu d'autant plus compliqué par l'existence de super-délégués, l'équivalent de grands électeurs, représentant à peu près 19,6% du total des délégués, désignés par le parti et libres de voter selon leur propre préférence lors de la convention (certains déclarent leur préférence à l'avance, d'autres ne se déclarent que lors de la convention).
Les grandes lignes qui ressortent du nombre de délégués à ce jour sont comme suit:
- A part pour la Californie et les primaires précédent Super Tuesday, les sondeurs ne se sont pas trompés sur les grandes lignes de partage géographique;
- Chez les Démocrates le partage géographique est clair pour les Etats avec une forte population noire et les Etats du Nord qui ont voté pour le sénateur de l'Illinois, Barack Obama; les grands Etats urbains (avec un nombre très important de délégués comme New York, New Jersey, le Massachussetts et la Californie) et les Etats du Sud Ouest (et la Floride) avec une forte population hispanique ont voté majoritairement pour la sénatrice de New York, Hillary Clinton. Pour le reste, les lignes sont un peu plus brouillées car les deux candidats ont remporté des Etats au Nord Est, au Sud et à l'Ouest. Du point de vue démographique, parmi les démocrates, les tranches allant de 19 à 49 ans ont plus tendance à voter Obama (tendance accentuée parmi l'électorat jeune), les deux candidats récoltent des scores similaires parmi les personnes âgées de 50 à 59 ans et Clinton est clairement majoritaire parmi les électeurs dépassant les 60 ans. L'électorat plus éduqué (ayant effectué des études universitaires) a plus tendance à voter Obama, les femmes pour Hillary Clinton.
- Chez les Républicains ce partage géographique est clair: Mike Huckabee, l'ex-gouverneur d'Arkansas, candidat hyper-conservateur remporte quatre Etats du Sud et la Virginie Occidentale lors du Super Tuesday et l'Iowa lors du premier caucus; Mitt Romney, l'ex-gouverneur du Massachussetts, candidat conservateur porté sur l'économie remporte les Etats du Nord et une partie de la Nouvelle Angleterre (N.B. il aura remporté l'Etat majoritairement mormon d'Utah avec 90% des voix); et John McCain, sénateur d'Arizona, le candidat le plus au centre des trois remporte tous les Etats importants avec une forte concentration de délégués (Floride, New York, New Jersey, Illinois, Missouri, Californie)
Ainsi, John McCain est le vainqueur incontesté des primaires et caucus républicains à l'issue du Super Tuesday avec un nombre total de délégués dépassant de loin ses concurrents, mais Hillary Clinton et Barack Obama demeurent tous deux des candidats potentiels et devront départager leurs délégués parmi les primaires des 22 Etats restants (plus le District de Colombie, Puerto Rico, Guam et les Iles Vierges) ou, dans le pire des cas, lors des votes successifs de la convention démocrate de Denver du 25 au 28 août. Bien qu'Obama ait remporté 12 Etats lors de Super Tuesday (15 en tout) et Clinton 9 Etats (13 en tout), la faible différence entre leur total respectif de délégués s'explique par la règle de proportionnalité utilisée dans les primaires et caucus démocrates: à l'arrivée la différence des délégués obtenue lors de Super Tuesday est peu significative (un écart inférieur à 100 délégués par rapport aux 2025 délégués nécessaires pour remporter les primaires démocrates - dernier chiffres disponibles lors de la rédaction de cette note, à confirmer avec les résultats définitifs) . Par contre la différence entre les superdélégués obtenus par Hillary Clinton et Barack Obama va, à ce jour, du simple au double (193 pour Clinton, 106 pour Obama).
Malgré le doute qui persiste sur le choix du candidat démocrate, il semble clair que la Californie, New York et le New Jersey, qui votaient habituellement plus tard dans le processus des primaires (Super Tuesday se tenant habituellement début mars, des tendances fortes se dessinaient déjà à l'avance), Etats avec respectivement avec 441, 281, 127 délégués pour les démocrates et 173, 101 et 52 délégués pour les républicains, auront pleinement participé au choix des candidats issus des primaires cette année. Contrairement au Texas, autre Etat avec une population importante qui vote plus tard (4 mars), ces Etats auront eu une campagne active sur leur territoire, notamment du côté républicain, avec de nombreuses courses individuelles aux délégués, choisis dans certains cas en fonction de la superficie du territoire couvert et non du nombre d'électeurs républicains ou démocrates enregistrés sur ce territoire (en Californie, par exemple, il s'agissait de 53 territoires individuels). Cette année, ces Etats auront permis aux principaux candidats des deux partis, McCain et Clinton (qui ont tous les deux remportés ces trois Etats) de créer une tendance nationale. Par ailleurs, le vote par correspondance (pouvant aller jusqu'à un tiers des voix exprimées en Californie) aura aussi crée des distorsions dans les résultats, certains électeurs votant des semaines auparavant, n'ont pu rediriger leur vote émis pour des candidats qui se sont retirés de la course (notamment Rudy Giuliani en Californie qui récolte 6% des voix et John Edwards en Oklahoma - 10% - et Californie - 5%).
Les choix qui ont été réalisé lors du Super Tuesday sont le fruit de mois de campagne électorale mais surtout, des impressions laissées par les candidats lors des batailles de terrain des primaires du mois de janvier, des débats télévisés permettant de faire campagne simultanément dans les 24 Etats votant au Super Tuesday, des soutiens et ralliements de personnalités politiques et publiques aux candidats et des organisations de terrain permettant d'inciter les électeurs d'aller voter. Voici un résumé des aspects marquants de cette première phase de campagne par candidat:
Hillary Clinton aura, avec un record toutes catégories de fonds récoltés lors de ces primaires, pu bénéficier de consultants politiques de premier ordre et d'une organisation terrain lui permettant de faire campagne correctement lors du Super Tuesday. Certains choix stratégiques effectués, notamment ceux de mettre le paquet sur les grands Etats du Super Tuesday et le New Hampshire auront payé (surtout en Californie, où elle était devancée dans les derniers sondages). D'autres choix sont discutables, même si efficaces du point de vue des résultats. Le camp Clinton, conscient du renouveau politique que représente Barack Obama et du charme que dégage ce dernier, a souhaité le déstabiliser vis-à-vis de son électorat naturel dans le sud, les noirs américains. Le choix d'utiliser Bill Clinton pour politiser encore plus les divisions raciales de l'électorat démocrate (celui-ci a sous-entendu l'inutilité pour un candidat noir de gagner en Caroline du Sud, comme cela avait été le cas à deux reprises pour Jesse Jackson, sachant qu'il n'avait aucune chance à l'élection présidentielle) sera mal passé vis-à-vis des caciques historiques du parti. De même que l'utilisation à outrance d'un ex-président donnant l'impression qu'Obama se battait contre deux candidats plutôt qu'un seul. Le résultat aura été un alignement de l'ensemble du clan Kennedy en faveur d'Obama, plutôt que leur traditionnelle neutralité; cependant cela n'aura pas empêché Clinton de remporter le Massachussetts, Etat dont le patriarche des Kennedy, Ted est sénateur. Hillary Clinton aura, à deux reprises, essuyé une larme (la veille de la primaire du New Hampshire qui la donnait perdante dans les sondages, et de nouveau en Californie, à Yale la veille de la primaire de Californie pour laquelle les sondages la mettaient de plus en plus en difficulté face à Obama) afin de démontrer sa capacité à s'impliquer de manière émotive et pas seulement comme une technicienne hors pair de la politique.
L'organisation très professionnelle du camp Clinton lui aura cependant permis de récolter un nombre important de superdélégués qui pourrait faire toute la différence de voix à la convention: la différence entre le nombre total de délégués des deux candidats à l'issue du Super Tuesday n'est pas très différente de la différence entre le nombre de superdélégués soutenant les deux candidats à cette date). Des exemples locaux de professionnalisme abondent aussi: le soutien obtenu du maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa, aura été décisif en Californie avec un électorat important d'origine latino-américaine. Du point de vue programmatique, malgré les différences limitées entre les deux candidats, les nombreux débats récents (à l'initiative du camp Clinton) sur les programmes de couverture médicale de la population auront aussi fait pencher la balance: le plan de Hillary Clinton fait valoir une couverture universelle (bien que cela semble difficile à faire passer au Congrès) qui rencontre un certain succès parmi les populations les moins aisées.
Barack Obama aura confirmé sa capacité à se maintenir dans une course d'un grand niveau. La ligne programmatique centriste du candidat (mis à part sur le retrait rapide d'Irak, sujet jugé très à gauche aux Etats-Unis) lui aura attiré les voix de démocrates pragmatiques et de nombreux indépendants et son charme oratoire, son parcours professionnel (démarrant comme avocat défendant les causes civiques dans les banlieues de Chicago) et son intégrité lui auront attiré les voix des plus jeunes et des démocrates idéalistes. Cela aura à l'arrivée, dépassé de loin le score classique de référence d'un candidat noir à la présidence (Jesse Jackson servant de référence en la matière). Sa capacité à mobiliser les masses (dans certains Etats , le phénomène dépasse de loin les militants démocrates), dont les jeunes professionnels, pour venir contribuer financièrement ou en temps de tractage à sa campagne électorale est tout à fait unique. Rien que pendant le mois de janvier, il aura réussi à obtenir $35 millions en dons issus de 600 000 contributeurs (pour l'essentiel sur internet mais aussi lors de réunions sociales). Cela le démarque clairement d'Hillary Clinton financée en grande partie par les appuis financiers traditionnels du parti démocrate (syndicats, société multinationales, personnalités d'Hollywood). Du point de vue des appuis politiques, l'attachement du clan Kennedy à la campagne d'Obama et accessoirement du sénateur Kerry (lui aussi du Massachussetts) auront accéléré l'identification d'une partie de l'Amérique avec ce "Kennedy Noir". Cet appui aura eu toute son importance en Californie, où la femme du Gouverneur républicain modéré Arnold Schwarzenegger, Maria Shriver, nièce de John Kennedy, aura elle aussi appuyé Obama (même si à l'arrivée Obama a perdu la Californie, le nombre de délégués obtenus dans cet Etat n'est pas du tout négligeable). Du point de vue médiatique, l'appui des présentateurs de télé Oprah Winfrey et Bill Maher d'une part et celle d'acteurs très engagés politiquement (notamment sur la question du Darfour) comme George Clooney auront simplifié l'osmose qui s'opère entre le public américain et ce candidat relativement inconnu il y a encore quatre ans.
L'organisation de terrain de cette campagne est impressionnante pour ce candidat qui s'appuie sur les expériences programmatiques (avec des nuances Etat par Etat, en fonction de l'importance de certains sujets pour son auditoire) de nombreuses personnes issues des administrations de Bill Clinton, notamment Robert Reich (ancien Secrétaire au Travail de Clinton), mais aussi sur les forces d'autres candidats qui lui ont précédé comme la campagne internet de Howard Dean en 2004. La capacité à mobiliser des militants d'un Etat à un autre selon les besoins des districts électoraux est très efficace. Cela ne l'aura cependant pas empêché d'avoir à subir des erreurs du Parti Démocrate pendant le Super Tuesday comme cette controverse crée par le manque de bulletins et d'informations pour les électeurs indépendants de Californie, pourtant majoritairement favorables à Obama (ce genre d'erreur aurait été prévu par un staff de campagne plus expérimenté). Le risque majeur pour Obama est de laisser la campagne s'envenimer au fur et à mesure que le nombre total de délégués devient de plus en plus serré, ce qui lui ferait perdre une grande partie de son image d'homme intègre ou encore laisser les médias dépeindre la course à l'investiture comme une guerre raciale au sein du camp démocrate (stratégies recherchées par le camp Clinton). Les grandes primaires à venir ne lui seront guère favorables d'avance: le Texas avec sa forte population d'origine Latino-américaine et l'Ohio, Etat industriel, qui aurait naturellement penché pour John Edwards (issu d'une famille pauvre de l'Amérique profonde et "self-made man"). La véritable force d'Obama serait celle de gêner un McCain devenu candidat républicain lors de la présidentielle: les voix récupérées au centre par Obama forceraient McCain à se replier à la droite de son parti avec beaucoup de difficultés pour mobiliser la frange religieuse de son parti qui ne lui est pas favorable.
John McCain, le candidat favori de facto des républicains doit maintenant réorienter la stratégie de sa course à l'investiture. Il a remporté tous les Etats qu'il pouvait en faisant valoir sa différence (il est surnommé le "political maverick", le politicien qui prend des risques) et en usant de stratégies électorales d'une grande finesse: le New Hampshire pour se démarquer dès le départ, puis la Floride pour étouffer Rudy Giuliani qui avait une plateforme électorale similaire à la sienne (politique étrangère dure et bien construite et centrisme sur les politiques sociales) et s'assurer tous les Etats avec un nombre important de délégués lors du Super Tuesday). Il s'est attaché les services de toute la résistance républicaine à George Bush avec le ralliement de Rudy Giuliani, l'ancien maire de New York lors du 11 septembre (ce qui a simplifié la victoire dans les primaires du Nord Est), puis le soutien d'Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie (vital pour remporter la primaire de l'Etat), star républicaine de Hollywood (qui ne pourra se présenter lui-même faute d'être né aux Etats-Unis), celui de Bob Dole, héros de guerre lui aussi, ancien président du Sénat et candidat républicain malheureux en 1996 contre Bill Clinton et enfin celui de Joe Lieberman, sénateur indépendant, précédemment démocrate qui était le colistier d'Al Gore lors de l'élection 2000. Du point de vue stratégie locale, le soutien obtenu du Gouverneur de Floride, Charlie Crist (successeur de Jeb Bush), aura aussi été décisif (et ce malgré le désaccord de McCain sur les projets de politique locale du gouverneur) car cet Etat ne laissait pas les indépendants voter lors des primaires (mais McCain avait prévu l'importance de ce soutien en aidant Crist lors de son élection en 2006). Même Bill Clinton aura fait l'apologie de John McCain et ses mandats à la Chambre et au Sénat (ce soutien vidéo aura été placé sur le site web de McCain avant d'être retiré suite aux critiques de Romney et Huckabee). Sa guerre personnelle contre George Bush lors des primaires républicaines de 2000 puis tout au long de ses deux administrations sur les sujets qui lui touchaient le plus à coeur, la torture, l'immigration et la conduite de la guerre l'ont bien identifié comme une force de renouveau au sein du Parti Républicain. Tout cela lui vaut un degré élevé de sympathie chez les républicains en quête de renouveau, ceux qui ne sont pas attachés aux questions religieuses et surtout auprès des indépendants: ce qui lui a permis de remporter de nombreuses primaires où les indépendants étaient autorisés à voter. Cela montre aussi une ambition à long terme de ne pas capituler sur les sujets qui lui permettraient de gouverner de manière bipartisane, dans l'éventualité (probable), d'une présidence républicaine (la sienne) et d'un Congrès démocrate.
A l'inverse, ses défauts, au vu de la base républicaine, sont ses positions de tolérance sur la question de l'avortement et de refus de limiter de manière brutale l'immigration. La hiérarchie républicaine est aussi en froid avec McCain suite aux règles de limitation des financements autorisés de campagne qu'il a fait voter à la Chambre et au Sénat. De plus, McCain est un expert en relations internationales mais présente des défaillances sérieuses en matière économique alors que la crise des subprimes accélère le nombre de faillites personnelles sur tout le territoire des Etats-Unis. Ses deux concurrents directs, Mike Huckabee et surtout Mitt Romney, font valoir le manque de conservatisme religieux de McCain. Cependant la division du vote religieux républicain entre ces deux candidats a, jusqu'à présent, représenté une chance pour McCain, bien que cela ne puisse probablement pas durer encore longtemps (jusqu'au retrait volontaire d'un de ces deux candidat qui laisserait à l'autre toute liberté de marteler ce sujet lors des primaires restantes) avant de faire l'objet de divisions au sein du parti républicain. C'est cette division probable que doit maintenant gérer McCain lors des primaires à venir, pendant les discours de la convention mais surtout dans le choix d'un vice président qui lui permettrait de rassurer sa base afin qu'elle se mobilise lors des élections de novembre prochain. Un signe du risque de polarisation de l'électorat républicain que représente la candidature McCain se voit dans les talk shows républicains qui fustigent McCain pour son manque de "pureté idéologique" (à l'image d'Ann Coulter, référence radio de la base républicaine). La seule solution rapide au problème serait la nomination d'Hillary Clinton à l'investiture démocrate; cette dernière est tellement haïe par la base républicaine qu'ils feraient campagne pour n'importe quel républicain afin d'éviter son élection. Ainsi, malgré la logique d'un "ticket" McCain - Giuliani, cette combinaison semble improbable (sauf nomination assurée de Clinton), malgré sa popularité potentielle auprès des électeurs américains, car elle ne répondrait en rien aux attentes de la base républicaine (qui s'assurerait une perte en novembre face à un Obama rassembleur au centre).
Mitt Romney et Mike Huckabee, le mormon et le baptiste, tous deux faisant activement campagne sur leur foi et l'économie se distinguent toutefois sur le contenu de leur message. Romney en tant qu'ancien directeur d'une société de conseil stratégique puis de capital risque, gestionnaire du comité olympique de Salt Lake City et Gouverneur du Massachussetts (qu'il a redressé économiquement) est un gestionnaire de haut niveau. Huckabee avec des propositions d'élimination de l'administration fiscale, de rapatriement des fonds des paradis fiscaux et autres hérésies économiques est un populiste. Huckabee est un homme charismatique, ancien pasteur, qui fusionne ses meetings politiques avec des grandes messes populaires (concerts de rock, barbecue...). Son soutien le plus important provient de l'acteur Chuck Norris. A l'inverse, Romney est un professionnel, calculateur, d'une certaine froideur publique, qui peine stratégiquement face à McCain, surtout en ce qui concerne les évolutions de ses positions politiques (évolution entre une position centriste nécessaire sur l'avortement et le mariage homosexuel pour gérer le Massachussetts à une position conservatrice dure pour charmer la base républicaine lors des primaires) par rapport à la constance de McCain. Il bénéficie par contre d'un soutien de poids, George H.W. Bush, l'ancien président des Etats Unis (1992-1996) et peut se permettre de faire campagne jusqu'en juin, usant de sa fortune personnelle comme réserve financière de campagne. Les chances de remporter l'investiture républicaine de ces deux candidats sont quasiment nulles après Super Tuesday. Ils devraient remporter un nombre invraisemblable de primaires (avoisinant les 80% pour Huckabee et 70% pour Romney). Cependant, ces deux candidats semblent maintenant jouer le poste à la vice-présidence, ou alors le leadership du parti républicain face à une éventuelle défaite de McCain en novembre. La surprise du Super Tuesday aura été la capacité de Huckabee à tenir le sud-ouest du pays, sans bénéficier de soutiens financiers importants ou d'une organisation importante. A l'inverse, Romney bien qu'ayant réalisé un score honorable, n'aura pas réussi à dépasser son électorat "industriel" du Nord du pays. Tant que ces deux candidats se maintiendront dans la course et se cannibaliseront mutuellement leurs voix, aucun des deux ne pourra représenter un sérieux challenge à McCain. Seul un retrait suivi d'un ralliement à l'autre candidat pourrait changer la donne. Plutôt qu'un hommage à la stratégie électorale de Karl Rove qui avait démontré la possibilité de prise du parti républicain, puis du pays, en partant de la base conservatrice et ultra-conservatrice, ces primaire démontrent l'inverse.
Quindi... Les facteurs pesant sur cette élection auront été les demandes communautaires de représentation au plus haut niveau, et les sondages plaçant Hillary Clinton derrière les candidats républicains à la présidence. Ces facteurs auront empêché l'électorat démocrate, dans une certaine mesure, de se concentrer sur les détails programmatiques, charismatiques et de style de gouvernance des candidats, qui auraient permis de s'assurer que le candidat qui récupérera l'investiture en novembre se trouve en phase avec une majorité de l'électorat. Le phénomène Obama, qui dépasse le cadre classique de la politique ("it's beyond politics" selon Bill Maher un présentateur et comédien), avec sa capacité à mobiliser les masses, même quand elles ne sont pas politisées, pourrait encore être un atout maître pour les démocrates (que ce soit en tant que candidat à la présidence ou à la vice-présidence).
Pour les républicains, le phénomène qui pourrait venir perturber l'investiture en douceur de John McCain serait une lutte fratricide à l'intérieur même du parti, visible à la convention, et démobilisatrice lors de l'élection présidentielle de novembre. Ainsi, les caciques du parti devront veiller à préserver l'avantage retiré du Super Tuesday (certains d'entre eux, comme Newt Gingrich, ancien président / speaker de la Chambre des Représentants, premier républicain à occuper le poste après 40 ans de présidence démocrate, n'hésite pas à critiquer les excès centristes de McCain).
Les super-délégués joueront en toute probabilité un rôle de premier ordre lors des conventions. Du côté démocrate, il est concevable que les scores serrés entre Clinton et Obama perdurent et que ce soit l'écart de super-délégués qui soit décisif lors du vote final. Selon l'évolution des votes à la convention, ces délégués ont toute liberté de changer leur vote (tout comme les délégués désignés par chaque Etat). Du côté républicain, le niveau de support des super-délégués lors de la convention permettra d'être fixé sur le support du parti et de la base au candidat à l'investiture.
Le vote par internet des américains de l'étranger, estimés à 6 millions, à une primaire (entre le 5 et le 12 février) est une avancée significative. Les démocrates leur ont réservé 22 délégués à la convention, ce qui est l'équivalent du nombre de délégués de l'Etat du Wyoming (ces voix cumulées en une entité à part entière, auraient pu changer le score final lors de l'élection présidentielle de 2000).
L'état du système électoral du pays n'est toujours pas rassurant. Plus de 24 heures après la finalisation du scrutin, de nombreux Etats n'ont toujours pas de résultats définitifs, ce qui est probablement lié aux contestations locales par une ou plusieurs équipes de campagne. Le cas le plus grave est celui de la primaire démocrate du Nouveau Mexique; cet Etat a basculé à trois reprises entre Clinton et Obama en 24 heures; le résultat actuel, 54 heures après la clôture des urnes avec 99% des voix comptées (identifiées) est de 49% pour Clinton, 48% pour Obama et 2% pour Edwards, la différence de voix entre Clinton et Obama est de 1123. Huit ans après le scandale électoral de Floride, le système électoral de certains Etats demeure défaillant.... la suite en novembre. [paragraphe rajouté le 07.02.2008 et modifié le 08.02.2008]
Deux questions demeurent en suspens, celle de la vice-présidence et celle d'un candidat d'un troisième parti. La vice-présidence est habituellement utilisée pour rassembler le parti autour de candidats différents (représentant des zones géographiques différentes ou des idéologies différentes), elle est devenue un "ticket" lors des élections récentes (Bill Clinton, George W. Bush) où les deux candidats sont idéologiquement proches et interchangeables. Compte tenu de la qualité de nombreux candidats à l'investiture, il est concevable qu'un candidat soit repêché pour être vice-président. Ainsi toutes les combinaisons sont imaginables entre un président issu des primaires et un vice-président issu du stock de candidats à l'investiture (McCain, Giuliani, Romney, Clinton, Obama, Edwards) mais aussi une autre option, qui renforcerait une ambition programmatique majeure, celle de l'environnement, en rappelant l'ancien vice-président ("who used to be the next president of the United States") Al Gore au service. Ce choix serait parfaitement compatible avec les orientations de politique environnementale de Clinton, Obama et McCain et serait aussi celui de la compétence, l'expérience, l'ouverture et l'environnement. Par ailleurs, le maire actuel de New York, Michael Bloomberg (un républicain devenu indépendant), homme avec une fortune personnelle considérable (estimée à $11 milliards) pourrait lui aussi rentrer dans la course à la présidence et se déclarer très tardivement (n'ayant pas à passer par un processus de primaires). L'élection aurait alors une silhouette très différente, similaire à celle de 1992 (Ross Perot, un autre milliardaire, avait permis à Bill Clinton de prendre le dessus grâce à une division des voix républicaines); à se demander si les démocrates (et les Clinton en particulier) ne font pas tout pour encourager cette candidature... La possibilité d'une course à trois démontre les problématiques financières de la démocratie américaine (seul un milliardaire peut se permettre de se présenter indépendamment des partis; la facture étant estimée quelque part entre $500 millions et $1 milliard) - problématique ressentie par le camp Clinton à l'issue du Super Tuesday. [paragraphe modifié le 08.02.2008]
Finalement, la nouvelle du retrait de Mitt Romney de la course aux primaires est tombée le 07.02.2008, 48 heures après Super Tuesday. Reconnaissant qu'il n'aurait que peu de chances pour gagner l'investiture et qu'il ne souhaitait pas diviser le parti républicain davantage, ce dernier s'est retiré. La question se pose à nouveau sur le coût excessif de cette campagne sur ses finances personnelles. La pression est maintenant concentrée sur Mike Huckabee pour qu'il emboîte le pas de Romney et se retire aussi. [paragraphe rajouté le 08.02.2008]
La politique étrangère des six principaux candidats aux primaires américaines est détaillée dans cette série de billets.
Pour les amateurs de détails, voici les résultats par Etat du Super Tuesday à l'heure où est publié ce billet (mis à jour le 08.02.2008 à 10h00, le comptage des voix n'étant pas encore terminé):













passionnante cette campagne !
C'est quand même bizarre qu'on n'arrive pas encore à savoir qui a combien de délégués !!!
Pas un journal, que ce soit CNN, Usa Today, le NY Times ou Le Monde, ne donne un chiffre identique !
Les journaux allemands disent qu'il faudra attendre la convention. Peut-être bien... en attendant, d'ici à mardi, il y a 7 Etats de plus à voter...
Rédigé par : Florian | 07 février 2008 à 18:37
Salut Florian,
C'est vrai, le manque de fiabilité du comptage de voix aux Etats Unis est devenu dramatique (et ce, malgré le vote électronique). A 39 heures de la fermeture des urnes sur la côte ouest, nous ne connaissons toujours pas les résultats définitifs de plusieurs Etats (NM, AK, MN, CO).
Pour ce qui est du nombre de délégués, il est possible que les scores différents obtenus par les médias (les miens sont issus de CNN) correspondent aux superdélégués (ce n'est pas parce qu'un super délégué déclare qu'il votera pour un candidat, que ce candidat le reconnait comme superdélégué le représentant; et les superdélégués n'ont aucune obligation d'afficher leur soutien avant la convention).
Rédigé par : ArnaudH | 07 février 2008 à 19:04
Romney se retire.
Et a priori ce ne serait pas lui le futur VP. S'il y avait eu ticket Romney-Huckabee dès le départ ils n'auraient peut-être pas perdu.
J'avais trouvé une super carte sur CNN avec les Etats et le nb de superdélégués + d'élus à pourvoir, impossible de remettre la main dessus.
Si tu as un bon lien...
Rédigé par : Florian | 08 février 2008 à 06:14
Suite aux derniers développements j'ai mis à jour mes chiffres, tableaux et graphiques et puis modifié un peu ma conclusion (j'avais oublié d'élargir sur Bloomberg!)
Le départ de Romney va en effet changer la donne côté républicain... je ne sais pas encore si cela va consolider Huckabee ou non... tout dépend de Romney, s'il demande à ses délégués de rejoindre McCain (en justifiant, comme cela a été le cas pour son retrait, d'une réconciliation autour du principal candidat du parti, ce qui lui permettrait de devenir un potentiel VP - palliant les défaillances en économie de McCain- ou encore de devenir le président du parti républicain, une véritable aubaine compte tenu de son expérience de manager) ou Huckabee (regroupant tous les délégués hyper-conservateurs autour d'un seul candidat en tentant de récupérer la majorité absolue de délégués d'ici la convention... pas évident mais jouable). Dernière possibilité, faire durer le suspense jusqu'au bout (mais je ne pense pas que ce soit son objectif) pour mieux le monnayer à la convention. Aussi, rien ne garantit que les délégués élus pour soutenir Romney suivront son choix, les républicains sont assez divisés sur McCain...
Pour la carte, j'ai cherché mais je n'ai rien trouvé sur le site de CNN, par contre il existe un détail par Etat avec le nombre de délégués:
http://edition.cnn.com/ELECTION/2008/primaries/results/scorecard/#D
http://edition.cnn.com/ELECTION/2008/primaries/results/scorecard/#val=R
La carte que j'adore est celle interactive sur les financements des candidats, effrayant: http://edition.cnn.com/ELECTION/2008/map/
Rédigé par : ArnaudH | 08 février 2008 à 10:57
Au vu des 4 primaires de ce week-end, emportées haut la main par Obama (aux militants particulièrement efficaces dans l'exercice des caucus), on se demande si ce n'est pas lui qui est devenu le favori.
Sur que le Potamac Tuesday devrait encore lui permettre de gagner...
Si en mars Clinton n'arrive pas à gagner le Texas et l'Ohio, c'est fini pour elle. D'autant qu'elle a moins de cash que l'ami Obama.
Rédigé par : Florian | 11 février 2008 à 10:56
Oui, ça devient passionnant cette course (j'ai mis à jour mes stats démocrates en haut à droite du blog); c'est vrai que le détail montre des gains incroyables pour Obama dans les caucus par rapport aux primaires. Par contre, le Texas devrait aller à Clinton (comme tous les Etats avec une forte population hispanique).
Attention aux super-délégués... les Clinton sont devenus des experts pour manipuler l'establishment politique.... elle mène, et de loin, dans la course aux super-délégués et cela pourrait avoir un impact décisif.
Va falloir sortir la calculette, mais en cumulé, tous ces facteurs risquent de s'annuler... à suivre!
Rédigé par : ArnaudH | 11 février 2008 à 13:41
Les super-délégués, une partie s'est déjà prononcée, le reste attend de voir comment ca se passera. Je les vois mal aller à l'encontre des résultats des primaires.
A priori la victoire d'Obama au Potamac en fera le favori. Et risque de rallier moult super délégués. Hillary n'a en effet que le Texas pour la sauver.
Rédigé par : Florian | 12 février 2008 à 10:17
Salut Florian, j'ai a nouveau mis à jour le tableau et non seulement Obama passe en tête mais j'ai réalisé en revenant sur mes calculs que, suite à la compilation des résultats finaux des primaires de Super Tuesday, c'était Obama et non Clinton qui était bien arrivé en tête du nombre de délégués (la compilation des résultats laisse vraiment à désirer...).
Sinon, en regardant CNN hier soir, deux avis se dégageaient, celui de James Carville (ancien stratège de Bill Clinton) qui disait que Clinton se devait de gagner au Texas, Ohio et Pennsylvanie sinon, la course irait à Obama et celui des autres consultants politiques qui confirmaient le risque de voir les super-délégués voter contre le vote populaire.. (tout est affaire de lobbying, Bill Clinton d'un côté, Tom Daschle de l'autre)...
De plus en plus intéressant, lol
Rédigé par : ArnaudH | 13 février 2008 à 09:27
Cela dit, Obama récupère désormais des soutiens de poids. L'ancien numéro 1 de la campagne de Bill en 1992, David Wilhelm, vient de dire que lui seul peut réunir 2 américains sur 3 (ca me rappelle un truc :) ).
Il ne reste que 400 super délégués à se prononcer et Obama a toujours beaucoup d'avance, 55 délégués selon USA Today (et encore le Washington et Virginie ne sont pas encore 100% comptabilisés). Or Wisconsin et Hawai votent mardi, ce qui va rajouter a priori de l'avance à Obama, pour l'emmener à +100. De quoi dissuader des super délégués de faire les malins, s'ils veulent garder leurs mandats.
Tout se jouera le 5 mars. Si Clinton ne gagne pas les deux gros Etats du jour, c'est perdu pour elle.
Rédigé par : Florian | 14 février 2008 à 07:40
C'est intéressant ça, tu crois que les super-délégués peuvent craindre pour leurs futurs mandats (j'avoue très mal connaître les enjeux qui leurs sont spécifiques; si tu déniches des articles, n'hésite pas à les déposer ici). Sinon, tu as raison, pour les écarts qui se réduisent (à ce jour Obama a 157 SD, Clinton 234). En effet pour le 4 mars, c'est la date fatidique, et sinon (si Clinton remporte le Texas et l'Ohio), au plus tard le 22 avril en Pennsylvanie... mais tout ça confirme que la dynamique n'est plus que dans un seul camp (6 Etats, Washington DC et les îles Vierges d'affilé post super tuesday, impressionnant!).
Rédigé par : ArnaudH | 14 février 2008 à 09:19
Hello Arnaud,
en fait en lisant un peu, par ex sur wikipedia (taper super délégués) on voit que dans les super-délégués il y a des profils différents. Certains font ce qu'ils veulent de leur voix, les autres ont des sièges en interne du parti et donc vont éviter de voter trop différemment.
On en a la liste ici :
http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_United_States_Democratic_Party_Superdelegates
* 4 Former Presidents and Vice Presidents : eux votent ce qu'ils veulent
* 31 Governors : on peut dire qu'ils votent selon leur bon vouloir
* ca.50 Senators : idem gouverneurs
* c. 200 Representatives : idem sénateurs, je crois qu'ils maitrisent assez leur circonscription pour être libres
* 3 Former representatives : votent ce qu'ils veulent
* 200-250 DNC Members : apparatchiks et élus dans le parti, eux se sont très peu prononcés. Leurs siÈges dépendent on dirait des adhérents. A mon avis ils attendent et iront où est le vent...
* 50 Members At-large : idem ci-dessus
* 100 Other DNC members : idem
* 20 Organizations : eux vont attendre (j'avais lu un article sur le syndicat étudiant qui a 2 voix qui attend tranquillos que ca se décante)e
* 6 Other : ont déjà choisi
Donc pour résumer je pense que la moitié des super délégués dépend de la base et va hésiter un moment... Je pense que les super délégués iront à celui qui aura emporté l'Etat. Pour l'instant ce sont beaucoup parlementaires et gouverneurs qui se sont exprimés, les apparatchiks attendent. Cela confirme ma théorie, que tout le cinéma fait autour des super délégués est là pour vendre du papier.
Le 5 mars on sera fixé. Si Hallary perd un des 2 gros Etats, c'est terminé.
Rédigé par : Florian | 15 février 2008 à 09:13
http://www.usatoday.com/news/politics/election2008/2008-02-14-clinton-superdelegates_N.htm?loc=interstitialskip
où on peut lire que les députés blacks se retournent, et beucoup de députés et d'apparatchiks dans les districts desquels le vote Obama fut puissant...
Rédigé par : Florian | 15 février 2008 à 09:39
Oui en effet, je viens de lire dans l'Economist que les Super Délégués changeraient probablement de position si Obama prenait le large au niveau des délégués simples! Par contre, les Clinton essaie de remettre les primaires annulées de Floride et Michigan dans la course:
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-34329710@7-37,0.html
Merci pour les infos & lien :)
PS Ils ont fini de comptage des bulletins de Super Tuesday hier, 10 jours après le vote! :(
Rédigé par : ArnaudH | 16 février 2008 à 16:39
tiens tu peux actualiser tes chiffres en allant sur http://www.realclearpolitics.com qui est de loin le meilleur site sur ces élections.
1302 à 1235.
Peut-être Obama va dépasser les 100 si il gagne demain. Il est donné légèrement vainqueur.
Rédigé par : Florian | 18 février 2008 à 18:12
C'est fait et de manière éclatante.
Ce qui est impressionnant dans la victoire au Wisconsin s'Obama, c'est que cet Etat n'a ni afro-américains, ni gens riches et cultivés, mais plutôt des catholiques et protestants blancs et des ouvriers, deux catégories plutôt pro-Clinton avant.
Ci-joint un article l'expliquant :
http://www.realclearpolitics.com/horseraceblog/2008/02/how_obama_won_wisconsin.html
Au final et dans ces conditions, Obama devrait pouvoir avoir des chances de gagner Texas et Ohio. S'il le fait, Clinton jetterea l'éponge...
Sinon, j'imagine que tu dois avoir de quoi écrire, entre la défaite de Musharaf et la retraite de Fidel...
Rédigé par : Florian | 20 février 2008 à 07:05
Exact, la victoire d'Obama semble inévitable maintenant (10 Etats d'affilée, incroyable); j'espère que Clinton ne retardera pas le processus en s'accrochant après le 5 mars... les nominations à la vice présidence devraient être difficile à déchiffrer à l'avance...
Oui, je suis sur le billet Cuba (ouf, complexe surtout vu le peu d'infos compatibles, d'infos de qualité... difficile de faire dans le modéré), puis je regarderai l'équipe olympique kosovar (lol), puis la Birmanie (ça devient très intéressant), l'élection présidentielle arménienne, le Pakistan dès qu'ils auront un nouveau gouvernement (le résultat électoral ne m'a pas trop surpris, la composition de la future coalition m'intéresse beaucoup par contre, tout comme le décompte réel des voix surtout à l'ouest du pays dans les zones tribales) et enfin le Belize (élection le 07.02 dernier, pas encore eu le temps d'écrire la dessus...)
Rédigé par : ArnaudH | 20 février 2008 à 17:19