Une preuve de vie d'Ingrid Betancourt est arrivée à Bogota par le biais d'une vidéo capturée par l'armée colombienne (c'est la première preuve de vie tangible depuis 4 ans). Les images de cette vidéo montrent une Ingrid Betancourt amaigrie, "chagrinée" avec le regard fixe. Par ailleurs, d'autres preuves de vies faisaient aussi partie des documents récupérés: les trois américains capturés (consultants pour l'armée colombienne), des hommes politiques et des policiers colombiens.
Les circonstances de la récupération de ces images sont surprenantes. Elles étaient acheminées par trois guérilleros des FARC vers Bogota. Ces derniers ont été capturés par l'armée colombienne. Il semblerait donc que les FARC répondaient aux négociations menées par le président vénézuélien Hugo Chavez et la sénatrice colombienne Piedad Cordoba avant que le président colombien Alvaro Uribe n'y mette un terme il y a une semaine (l'excuse officielle étant la prise de contact directe du président vénézuélien avec le chef de l'armée colombienne, ce qui lui aurait été préalablement expressément interdit).
Dans ces circonstances, il est difficile de spéculer sur la suite des événements. Les FARC qui demandent, en échange de leurs 45 otages, la libération d'un demi-millier de guérilleros emprisonnés en Colombie et deux aux Etats-Unis, accepteront-ils de négocier avec le président colombien? Rien de moins sur. Le président vénézuélien Chavez sera t'il autorisé à poursuivre sa médiation? Pas du tout évident compte tenu des dernières accusations faites par Chavez à l'égard d'Uribe et l'escalade des tensions entre les deux pays voisins probablement liée à la politique intérieure de Chavez (le vote d'une nouvelle constitution fortement contestée). Serait-ce là une nouvelle occasion pour le président français, Nicolas Sarkozy, de monter au créneau et s'immiscer à son tour dans le conflit colombien? D'autres que lui ont déjà tenté l'expérience sans succès, notamment Dominique de Villepin (ami et ancien professeur à Sciences-Po d'Ingrid Betancourt).
Quindi... La solution de compromis pourrait être la continuation de la médiation par la sénatrice colombienne d'opposition Piedad Cordoba (celle-ci est qualifiée de "sénatrice virtuelle" par ses concitoyens pour sa forte utilisation des nouveaux médias dans ses campagnes). Mais pour cela, le président Uribe devrait continuer à accepter la médiation par des figures politiques échappant à son contrôle et retirer les accusations de trahison envers Piedad Cordoba suite à ses propos sur de potentielles futures négociations de paix et de réconciliation entre les FARC et le gouvernement colombien (les propos d'Uribe sur Piedad Cordoba: "vous n'êtes pas intéressée par une médiation contre le terrorisme, vous souhaitez uniquement légitimer le terrorisme"). Uribe ne semble donc pas disposé à poursuivre sur la voie de la négociation, ni même de la médiation: serait-ce parce qu'il était temps que le gouvernement colombien fasse à son tour un geste de bonne foi?
Il semblerait donc que malgré ce geste fort des FARC, la situation soit à nouveau bloquée pour tous ces otages.
La sénatrice franco-colombienne du parti vert Ingrid Betancourt et sa directrice de campagne Clara Rojas ont été enlevées par les FARC il y a plus de cinq ans et demi. Le combat pour leur libération continue.












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